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Samedi était le grand jour. Celui où, grâce à une technique très au point de chantage, de menaces et de pressions psychologiques en tout genre, j’avais réuni la crème du top, afin de vider mon maintenant ex chez moi et tenter de le décrasser un chouia en vue d’une hypothétique récupération de caution (quand j’ai dit ça, ça a grave lolé…)

En fait, j'étais debout à 6h...
La crème du top signifiant Marmotte Narco (qui devait chercher à s’enfuir de Bretagne pour se porter volontaire), Nina (qui se sentait encore redevable depuis son déménagement), So Long (sans qui mes cartons n’auraient pas eu la même saveur), une ancienne collègue (qui voulait voir mon appart sans ses deux tonnes de bordel), une ancienne survivante de l’époque anglaise (qui a eu la folle idée de se porter volontaire), et une grenouille (qui a découvert que non, tous les RER ne s’arrêtent pas à ma station)

So Long, ma sauveuse de cartons du vendredi.
La veille, j’avais déjà réquisitionné So Long pour la dernière mise en cartons, usant de mes charmes (et de mon soutien-gorge) pour l’attirer chez moi, et lui faire oublier les conditions sanitaires borderline. Fourbe, je sais.

Blog petite culotte, donc.
Pleine de confiance en mon prochain, j’avais quand même prévu des back ups samedi à la lecture du « Ouai, je viens, mais j’ai une soirée vendredi » et ai regretté d’avoir pris des paris sur « viendra? viendra pas? » quand j’ai reçu un texto à 9h35 « Je me lève et j’arrive » (on commençait à 10h, en banlieue, mais pour la beauté du geste, j’ai évité tout sarcasme)

Divers bordel volume 1 (sur 3)
Vers 11h, tout le monde avait fini son café, son pain au chocolat, sa préparation psychologique, de flipper sur la quantité de cartons (et leurs intitulés) et se mettait à l’ouvrage dans la joie et la bonne humeur, en un joyeux remake du retour des nains de Blanche Neige. Je m’attendais à du sang, des larmes, et quelques coccyx fracassés dans l’escalier (traître, l’escalier) et je dois dire que j’ai été déçue, personne n’a chu.

Il manque le carton "ado attardé" qui eut du succès, bien que lourd.
C »est approximativement à ce moment là qu’il aurait été judicieux que je me foule la cheville pour faire distraction. Parce que quand tu mélanges de la collègue, des gens rencontrés via le blog, des gens m’ayant connu à mon époque anglaise (c’est à dire alcoolique et peu habillée) et des gens me connaissant par coeur, et que tu t’éloignes de plus de 2 mètres, forcément, il y a un moment où quelqu’un attaque les dossiers.
Et comme s’il n’y en avait pas assez à raconter, j’ai bougé le clic clac.
Sans me méfier. Malgré les multiples avertissements de So Long à base de « pas de mauvaise surprise, tu vérifies sous le canapé! »

Stupeur et tremblement
Soudainement, un troupeau d’anges est passé. Marmotte Narco a hurlé « Quoi? Ma soeur n’est pas vierge? » Nina a proposé de faire un test ADN pour déterminer le(s) coupable(s) et j’ai rappelé à tout le monde que parfois j’hébergeais du monde, et même des couples, et que pas avant le mariage. Soudainement, j’ai regretté que le carton alcool soit déjà parti.

Tu la vois ma grosse ironie et mon envie de disparaitre?
Tout le monde y est ensuite allé de sa petite anecdote dont j’étais l’héroïne, option honte vintage. Avec Marmotte Narco qui me pratique depuis bientôt 23 ans, forcément, il y avait du dossier. Ça a mis une super ambiance, et soudé l’équipe. Il faut parfois savoir se dévouer pour motiver les troupes, voire même se sacrifier. Ou assumer un retour de karma (cette pute)
Je pense avoir lessivé mon aura pour les 3 prochaines années.

Malgré le ton ironique, j'ai apprécié que mes efforts soient remarqués
L’avantage du déménagement, c’est que du coup tu découvres de nouvelles activités dont tu n’aurais pas soupçonné le potentiel de lolitude si tu n’avais pas envie de t’occuper les mains pour tenter de faire abstraction des discussions. Genre faire les vitres. Le truc qui en temps normal me traumatise, parce que j’ai le vertige sur une chaise. Alors sur un escabeau, au bord d’une fenêtre, soit à un étage et demi du trottoir… Ce fut une grande première, et comme une révélation: une vitre propre, c’est beau, c’est transparent, mais au 8ème étage, je sens que ma motivation va vite faiblir.

En vrai, j'ai un peu de fesses, c'est juste que mon jean avait décidé de se transformer en baggy (et ouai, j'avais froid, d'où la doudoune super tendance)
Un déménagement, c’est de la sueur, des gros mots, des ongles cassés, mais aussi de grands moments de sensualité, des hommes sous des machines à laver, des femmes frottant des murs, moi passant la serpillère (moment collector) et des pauses café toutes les demies heures… face au chauffage d’appoint, parce que samedi, il faisait quand même un peu frais (un peu, légèrement, genre 4° à tout casser)

Et tout ça pour moi...

Marmotte Narco, ce garçon facile...
Un déménagement, c’est aussi un peu d’émotion quand on voit l’appartement vide, et qu’il faut couper le compteur… Quatre ans sur Paris, quatre ans dans ces 25m², quatre ans de tout, de n’importe quoi (surtout de n’importe quoi, et je ne parle même pas du ménage) quatre ans qui se sont finis en rendant les clés dimanche matin… Avec un petit pincement au coeur, et le soulagement d’y avoir survécu!



