Vendredi 13, la malédiction
Je ne suis pas d’un naturel superstitieux. Je passe sous les échaffaudages, voulais un chat noir (concrètement, la mienne est noire… et grise, et blanche, et laisse des poils partout) m’en fous qu’on soit 13 à table (juste que si on avait été 12 il y en aurait eu plus) et j’ai survécu jusqu’à l’âge avancé de 27 ans, ce qui pour un boulet de compétition relève du miracle.
Donc vendredi 13, ouai, ranafoutre, c’est une journée comme une autre.
Que je pensais.
8h20, après une nuit étrange, je remplis la gamelle du félin de croquettes (qui puent la mort) et me dirige de la cuisine vers le canapé pour mettre mes chaussures quand je sens quelque chose de bizarre au niveau de mes pieds. De très bizarre. Genre bizarre qui bloque. Au moment où mon nez heurtait le parquet, je me suis rappelée que depuis 3 ans, un câble réseau traverse mon appartement. J’ai attendu 3 ans – et un vendredi 13 – pour me prendre les pieds dedans et m’étaler relativement violemment. Mes mains n’ayant eu l’idée d’amortir la chute qu’une fois mon nez en contact avec le sol.
J’ai failli acheter un appartement avec du carrelage, je suis contente de n’avoir rien concrétisé.
8h35, je suis sur le quai du RER, le train est à l’approche, quand mon cerveau arrête de m’envoyer le signal de la douleur de la jambe droite pour me rappeler qu’à midi j’ai un rendez-vous pour mon prêt immobilier. Et qu’accessoirement, tous les papiers nécessaires sont restés sur la table. Dans mon appartement. Demi-tour, repassage devant le chantier qui bloque toute la rue, récupération du dossier, chat qui se barre dans les escaliers et trouve que c’est un super moment pour jouer à chat, envie de pleurer.
9h30, arrivée royale au bureau – dans la théorie je commence à 9h – allumage du pc. Premier plantage. Tentative d’ouverture du dossier délicat en cours. Deuxième plantage. Appel du service informatique (que j’ai prévenu la veille) et café en regardant la souris bouger toute seule sur l’écran gris.
10h29, constatation du service informatique: « We have an issue here, we need to run some tests tonight when you will leave. I call you back at 5.30pm. » Ah ben la journée va être courte…
12h00, rendez-vous dans une banque avec mon dossier sous le bras. La malédiction des banquiers pas mangeables continue. Je choisirai la banque où le conseiller sera le plus sexy et puis c’est tout, je suis pour l’esthétisme dans les relations monnayées, et vu les taux d’intérêt, j’ai bien le droit d’en avoir pour mon argent.
J’entame l’après-midi avec une légère appréhension…



Parce que quand vous vous taperez des migraines carabinées, vous irez voir votre ophtalmo habituel, qui vous dira que vos lunettes sont adaptées et que tout va bien.








