Posts Tagged ‘déménagement’

Sachant que…

Partant du principe que les cordonniers sont les plus mal chaussés, je vous laisse imaginer la galère que peut être l’obtention d’un prêt immobilier pour une banquière…

Entre les impôts qui ont fait de la rétention d’avis d’imposition (joie, bonheur et pétages de plombs) ma capacité à perdre tout papier important et l’appartement qui s’est révélé ne pas être habitable en l’état pour des raisons évidentes de sécurité, genre une superbe prise arrachée du mur dans la cuisine, j’ai cru ne jamais y arriver.

Sachant que ma nouvelle banquière (blonde et bonnasse, ceci étant un critère de sélection primordial pour quelqu’un qui va me faire signer de mon sang un pacte avec le grand Capital) avait décidé de ne pas retourner mes appels de plus en plus énervés.

Sachant que mon agent immobilier à la voix de téléphone rose (ceci est un critère de sélection très sérieux pour quelqu’un qui m’a trouvé mon futur nid) qui me trouve jolie avec mes nouveaux cheveux mais ne me drague pas – lorsqu’il a dit la dernière partie de la phrase, j’ai eu envie de renégocier sa commission – m’appelait une fois par jour pile les 3 jours où j’avais décidé de laisser mon portable en mode avion histoire de ne faire du hors forfait que sur mon portable pro.

Sachant que j’ai beaucoup beaucoup beaucoup de boulot version dossiers pervers et l’énergie d’une palourde sur un plateau de fruits de mer.

sleepcycleSachant que je carbure à la caféine sous toutes ses formes et que l’efficacité de la chose semble légèrement surfaite en journée mais largement amplifiée aux heures où le commun des mortels régénère ses cellules lors d’un sommeil réparateur, ce qui donne des graphs de Sleep Cycle assez drôles, voire même carrément flippants, mais assez représentatifs de la qualité de mon sommeil en période d’insomnies.

Sachant que contrairement à 95% de la population française qui est hypertendue, la moindre contrariété (ce qui peut aller de la recherche infructueuse de collants un matin où je suis en retard à l’oubli de la CB pro au moment de payer 2 nuits dans un 4 étoiles de centre ville) (ça a fait mal) me fait dramatiquement chuter la tension et tituber dès 9h du matin comme si je cuvais encore de ma soirée de la veille, alors que je n’ai pas touché une goutte d’alcool depuis un bon moment.

Sachant que mon chaton me manque, enfin sauf pour la partie « ton chat est malade et nous a ruiné la moquette » mais quand même, mère indigne, je culpabilise.

Sachant que je vais entretenir une relation suivie avec mon dentiste pour les 8 prochains mois alors que l’idée même d’ouvrir la bouche me traumatise.

Sachant d’ailleurs que je suis privée de dentifrice durant cette période (et plus ou moins à vie d’ailleurs) et qu’il me faut un quart d’heure supplémentaire chaque matin pour me brosser les dents 2 par deux à l’eau oxygénée (ce qui donne néanmoins un résultat fabuleux, il faut le dire)

Sachant que bientôt on va causer bonus et que c’est pile le moment où je me laisse submerger par le travail parce que je ne tiens plus franchement debout.

Sachant que j’ai une relation suivie avec Ahmed, Samia et tout le call center Neuf SFR sans avoir encore réussi à faire migrer ma ligne téléphonique de mon ancien appartement au futur.

Sachant que j’ai rencontré l’un des numéros 2 de mon boulot (mon N + je sais pas combien, numéro 2 quoi, grand patron après le grand patron) et que je lui ai même serré la main, tout en bas de l’échelle que je suis, sans même parler du dîner à sa table où j’ai dû décrocher 3 mots tellement j’étais impressionnée.

Sachant que la partie la plus sensible au froid de mon anatomie semble être les genoux, qui ne sont malheureusement jamais couverts par mes jupes dont la longueur est calculée pour ne pas être corporate sans toutefois ne pouvoir être remise en question par un quelconque sursaut de puritanisme sans passer pour du harcèlement vestimentaire.

Sachant que ça doit faire deux bons mois que je n’ai pas dormi une nuit sans mettre de réveil le matin (ne parlons donc pas de grasse matinée)

Sachant que mon équilibre alimentaire ferait défaillir une diététicienne et conditionne les jupes de tailleurs que peux enfiler ou non le matin.

Sachant quand même que je songe à demander ma mutation à Londres parce que pfiuuu… sont quand même mieux pourvus que nous en jeunes étalons en costume (ceci est un critère important pour mon bien-être au bureau, même si le fait qu’un collègue m’appelle « chérie » aide à dédramatiser mes journées de travail) (les rumeurs enflent, les sous-entendus aussi, c’est très drôle)

Sachant que le vendredi je regarde satisfaite mon agenda de la semaine suivante en me disant que « c’est cool ça va être calme j’ai rien de prévu » et que miraculeusement en fin de journée je me retrouve à répondre « On peut se voir vendredi prochain, c’est ma seule disponibilité de la semaine » sans comprendre comment j’ai pu remplir 5 soirs de semaine en moins de 7 heures.

Sachant quand même que je ne remplis mon agenda qu’avec des gens que j’ai vraiment envie de voir parce que mon masochisme a des limites.

Sachant que ma volonté de redevenir une vraie brune a disparu lors de l’apparition de ma frange mais que la visibilité de ma couleur d’origine sur environ 5cm me perturbe au plus haut point, sensation à peine atténuée par la découverte du shampooing parfait auquel je vais rester fidèle pendant environ un flacon.

Sachant que j’ai une épouse formidable qui serre les dents et supporte mon bordel sans râler, et à laquelle j’ai annoncé que la signature (et donc mon déménagement) était reculée de 10 jours (mais en échange je ferme les yeux et les oreilles si elle sous-entend qu’elle voudrait avoir des aventures extra-conjugales, ce qui est en quelque sorte une façon de lui donner ma bénédiction)

Sachant que je suis en direct-live l’organisation du mariage d’une collègue en me demandant comment on peut être assez masochiste pour s’infliger ça de son plein gré et ne pas envisager de se barrer à Vegas pour faire ça vite fait bien fait.

Sachant qu’après avoir joué à l’inspectrice des travaux finis des plafonds, demain matin je vérifie si un volet roulant roule bien comme il devrait rouler.

Sachant que j’ai enfin sous les yeux mon offre de prêt…

… Vous m’excuserez mais je vais aller me coucher

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Le déménagement de l’enfer

Samedi était le grand jour. Celui où, grâce à une technique très au point de chantage, de menaces et de pressions psychologiques en tout genre, j’avais réuni la crème du top, afin de vider mon maintenant ex chez moi et tenter de le décrasser un chouia en vue d’une hypothétique récupération de caution (quand j’ai dit ça, ça a grave lolé…)

En fait, j'étais debout à 6h...

En fait, j'étais debout à 6h...

La crème du top signifiant Marmotte Narco (qui devait chercher à s’enfuir de Bretagne pour se porter volontaire), Nina (qui se sentait encore redevable depuis son déménagement), So Long (sans qui mes cartons n’auraient pas eu la même saveur), une ancienne collègue (qui voulait voir mon appart sans ses deux tonnes de bordel), une ancienne survivante de l’époque anglaise (qui a eu la folle idée de se porter volontaire), et une grenouille (qui a découvert que non, tous les RER ne s’arrêtent pas à ma station)

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So Long, ma sauveuse de cartons du vendredi.

La veille, j’avais déjà réquisitionné So Long pour la dernière mise en cartons, usant de mes charmes (et de mon soutien-gorge) pour l’attirer chez moi, et lui faire oublier les conditions sanitaires borderline. Fourbe, je sais.

Blog petite culotte, donc.

Blog petite culotte, donc.

Pleine de confiance en mon prochain, j’avais quand même prévu des back ups samedi à la lecture du « Ouai, je viens, mais j’ai une soirée vendredi » et ai regretté d’avoir pris des paris sur « viendra? viendra pas? » quand j’ai reçu un texto à 9h35 « Je me lève et j’arrive » (on commençait à 10h, en banlieue, mais pour la beauté du geste, j’ai évité tout sarcasme)

Cartons

Divers bordel volume 1 (sur 3)

Vers 11h, tout le monde avait fini son café, son pain au chocolat, sa préparation psychologique, de flipper sur la quantité de cartons (et leurs intitulés) et se mettait à l’ouvrage dans la joie et la bonne humeur, en un joyeux remake du retour des nains de Blanche Neige. Je m’attendais à du sang, des larmes, et quelques coccyx fracassés dans l’escalier (traître, l’escalier) et je dois dire que j’ai été déçue, personne n’a chu.

Carton alcool

Il manque le carton "ado attardé" qui eut du succès, bien que lourd.

C »est approximativement à ce moment là qu’il aurait été judicieux que je me foule la cheville pour faire distraction. Parce que quand tu mélanges de la collègue, des gens rencontrés via le blog, des gens m’ayant connu à mon époque anglaise (c’est à dire alcoolique et peu habillée) et des gens me connaissant par coeur, et que tu t’éloignes de plus de 2 mètres, forcément, il y a un moment où quelqu’un attaque les dossiers.
Et comme s’il n’y en avait pas assez à raconter, j’ai bougé le clic clac.
Sans me méfier. Malgré les multiples avertissements de So Long à base de « pas de mauvaise surprise, tu vérifies sous le canapé! »

Stupeur et tremblement

Stupeur et tremblement

Soudainement, un troupeau d’anges est passé. Marmotte Narco a hurlé « Quoi? Ma soeur n’est pas vierge? » Nina a proposé de faire un test ADN pour déterminer le(s) coupable(s) et j’ai rappelé à tout le monde que parfois j’hébergeais du monde, et même des couples, et que pas avant le mariage. Soudainement, j’ai regretté que le carton alcool soit déjà parti.

Tu la vois ma grosse ironie et mon envie de disparaitre?

Tu la vois ma grosse ironie et mon envie de disparaitre?

Tout le monde y est ensuite allé de sa petite anecdote dont j’étais l’héroïne, option honte vintage. Avec Marmotte Narco qui me pratique depuis bientôt 23 ans, forcément, il y avait du dossier. Ça a mis une super ambiance, et soudé l’équipe. Il faut parfois savoir se dévouer pour motiver les troupes, voire même se sacrifier. Ou assumer un retour de karma (cette pute)
Je pense avoir lessivé mon aura pour les 3 prochaines années.

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Malgré le ton ironique, j'ai apprécié que mes efforts soient remarqués

L’avantage du déménagement, c’est que du coup tu découvres de nouvelles activités dont tu n’aurais pas soupçonné le potentiel de lolitude si tu n’avais pas envie de t’occuper les mains pour tenter de faire abstraction des discussions. Genre faire les vitres. Le truc qui en temps normal me traumatise, parce que j’ai le vertige sur une chaise. Alors sur un escabeau, au bord d’une fenêtre, soit à un étage et demi du trottoir… Ce fut une grande première, et comme une révélation: une vitre propre, c’est beau, c’est transparent, mais au 8ème étage, je sens que ma motivation va vite faiblir.

En vrai, j'ai un peu de fesses, c'est juste que mon pantalon avait décidé de se transformer en baggy

En vrai, j'ai un peu de fesses, c'est juste que mon jean avait décidé de se transformer en baggy (et ouai, j'avais froid, d'où la doudoune super tendance)

Un déménagement, c’est de la sueur, des gros mots, des ongles cassés, mais aussi de grands moments de sensualité, des hommes sous des machines à laver, des femmes frottant des murs, moi passant la serpillère (moment collector) et des pauses café toutes les demies heures… face au chauffage d’appoint, parce que samedi, il faisait quand même un peu frais (un peu, légèrement, genre 4° à tout casser)

Et tout ça pour moi...

Et tout ça pour moi...

Marmotte Narco, ce garçon facile...

Marmotte Narco, ce garçon facile...

Un déménagement, c’est aussi un peu d’émotion quand on voit l’appartement vide, et qu’il faut couper le compteur… Quatre ans sur Paris, quatre ans dans ces 25m², quatre ans de tout, de n’importe quoi (surtout de n’importe quoi, et je ne parle même pas du ménage) quatre ans qui se sont finis en rendant les clés dimanche matin… Avec un petit pincement au coeur, et le soulagement d’y avoir survécu!

The end

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Une dernière pour la route…

Il aurait été étonnant, à deux mois de mon déménagement (oui, ce déménagement continue de reculer, et si j’avance quand il recule… bref) que je ne vive pas au moins une dernière fois l’un de ces moments qui ont fait de moi la warrior que je suis aujourd’hui. Celle qui insulte les boîtes de conserve à ouverture facile. Qui a parfois contemplé pendant 15 jours une bouteille de jus d’orange avant de réussir à l’ouvrir. Qui pleure sur Twitter dès qu’elle se casse un ongle. Bref, la candidate idéale dans le rôle du boulet à Koh Lanta (tiens, ça me rappelle qu’il faut qu’on parle Koh Lanta un de ces jours)

Mais un Koh Lanta de l’extrême, genre en Sibérie, ou en Alaska, ou dans le Finistère (si t’as jamais habité Brest, tu peux pas comprendre)

Ours polaire

Parce que pour la première fois de l’hiver… le chauffage est coupé depuis vendredi matin!

Je ne vais pas non plus me plaindre, ça fait un mois tout juste qu’il a été mis en marche (ouai, fin octobre, tu commences un peu à te les geler, j’étais à deux doigts de dire à mes propriétaires que je venais squatter leur chambre d’amis) et c’est La première panne (la première, c’est toujours émotionnant, t’as oublié comment c’était, tu ne sais pas si tu vas te rappeler comment faire face, tout ça) Enfin quand je dis panne, j’me comprends, ça signifie que la cuve est vide. La cuve vide, c’est un peu le running gag de l’immeuble, sauf que tu te gèles tellement que tes muscles faciaux ne te permettent pas de rire, ils sont congelés en un rictus qui rend le moindre mouvement particulièrement douloureux. Je soupçonne le syndic de remplir cette foutue cuve 10 litres par 10 litres, pour économiser quelques jours de chauffage par-ci par-là. C’est une technique comme une autre me direz vous. Lire la suite »

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De l’utilité de Facebook au quotidien

J’ai la mémoire vive d’un bigorneau. Limite cuit, le bigorneau. Ca peut être assez gênant au quotidien, pour des tâches telles que déplacer un objet O d’un point A à un point B, si un élément C vous perturbe, que vous posez ledit objet en D et qu’à l’instant E vous n’avez plus aucune idée de ce qu’est O, de la localisation de D et du but originel de la manoeuvre.

Je prépare un déménagement dans ces conditions, ça envoie du rêve hein.

facebook

Là où la technologie prend soudain tout son sens, c’est pour le rappel des dates importantes. Le calendrier Outlook du bureau me rappelle les conf calls et jours d’absence de mes chefs bien aimés. Une tonne de post its gèrent ma vie personnelle en attendant que je recharge le truc qui me sert de mémoire externe. Je demande aux gens de me rappeler par texto la veille d’un rendez-vous qu’on doit se voir (et si on peut me le rappeler le jour même aussi…) et limite j’achèterais bien un smartphone pour avoir une application qui me préviens que je vais être indisposée (d’ailleurs j’ai un crash test en cours, faut que je vous en reparle) (ça va être gore) (ça va être sanglant) (ça va être macrobiotique) (limite y aura du sexe) Lire la suite »

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Shopping de rentrée

Des fois, ma génitrice m’effraie. Comme par exemple quand elle a demandé « vous ne fournissez pas le mari avec l’appartement? » à la charmante demoiselle avec qui on allait faire une visite.

J’ai eu envie de mourir.

J’ai allumé une clope de stress (c’était l’époque où je pouvais encore) (depuis je découpe des patchs en forme de fleur, d’étoile, de coeur, de mésange, et je me les colle dessus) (ils me rendent malade, l’envie de vomir coupant l’envie de fumer)

La demoiselle a été cool elle a dit que si elle en trouvait un elle se le gardait. Et aussi qu’elle commençait les patchs le 1er octobre. J’y ai presque vu un signe, le destin, mon âme soeur, et après la nicotine a fait effet et je me suis rappelée qu’on était là pour parler business.

Dans ma to do list des vacances, j’ai donc rajouté « signer la promesse de vente« , et dans celle d’après les vacances, il y a « trouver une banque qui ne me veut pas avec du gravier et du verre pilé » (et je suis bien placée pour savoir que tous les banquiers sont de vilains méchants), « trouver des déménageurs« , « faire toutes les formalités au plus vite« , « décider de ma future adresse« , et « péter la gueule du proprio » s’il change d’avis pendant la nuit.

Sans déconner,  pourquoi c’est le jour où je pars en vacances (donc loin de Paris) que j’apprends que mon offre est acceptée?

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