J’aurais jamais cru dire ça un jour, mais c’est vrai. La blondeur, ça peut te changer une vie. J’avais eu un aperçu il y a quelques années, quand j’avais réussi à convaincre un coiffeur de me mécher la tignasse en châtain clair. Je me trouvais particulièrement bonnasse, en toute modestie. Là, j’ai posé mes fesses sur un fauteuil, attendu le « on fait quoi? » et répondu « un truc blond« . Ya eu comme un moment de flottement. Rapport que j’ai plutôt un cheveux de gothopouff au naturel, et que voilà, j’étais en train de dire une grosse connerie. Le coiffeur est resté stoïque, il a compris que je disais pas ça juste pour tester ses limites, mais qu’il y avait une véritable recherche artistique et une quête de mon moi profond derrière. Enfin il s’est surtout dit que j’allais payer le tout un bras, donc que je pouvais lui demander du bleu banane, il le ferait sans broncher. Oui, je suis tombée amoureuse de mon coloriste (parce que ouai, j’ai décidé que l’un des avantages d’être financièrement indépendante, c’est que je pouvais me payer un coloriste et un coiffeur dignes de ce nom) (JCVD que je l’appelle depuis, le coiffeur, tellement je comprends rien à ce qu’il dit, vu que c’est un mélange de français, d’anglais, et de dialogue de mec bourré, mais n’empêche qu’il m’a coupé les cheveux en fonction de mes lunettes, et ça a été comme une révélation de son génie, ou de ma myopie)

Au bout de 30 secondes sous la merdasse chauffante qui active la décoloration des poils de tête, j’ai commencé à me liquéfier, avoir de la buée sur le carreau gauche, et pleurer parce qu’il avait dit « 20 minoutes dé pause » et que j’allais jamais tenir. J’ai tenu. Il a rincé. Il a séché. Il a coiffé, raidi, laqué. J’ai tenté de lui rouler une pelle par surprise, mais j’ai pas réussi, parce que je ne voulais pas lâcher mon reflet dans le miroir. Il a quand même prévenu que c’était concept parfois, rapport qu’il y avait des restes de gothopouffitude ultime aux pointes (parce que oui, parfois, j’ai aidé la nature à faire plus noir que noir, et que oui, aussi, je laisse pousser mes cheveux) (dès que je me serai débarrassée de mon torticolis chronique, je ponctuerai toutes mes phrases d’un ample mouvement de tête supra-glamour qui laissera la personne en face de moi éblouie par tant de grâce et de souplesse cervicale) Lisez le reste de cet article »

