Retour de la note maudite… Celle que j’avais mise 2 petites heures à écrire, à bichonner avec amour, et que WordPress a sauvagement bouffé, sans même en sauvegarder un paragraphe. Ce jour-là, j’ai eu envie de traiter la maman de quelqu’un de fille de joie, mais pas la mienne, parce que faut pas déconner non plus. Aujourd’hui, fatal error si j’insère une image, tout va bien, je ne vais tuer personne.
Pendant mes vacances en Bretagne, j’ai un rituel avec Marmotte Narco. On se fait toujours une petite soirée « ciné à la maison. » J’arrive avec mon oreiller, on se cale dans son lit, il projette un navet quelconque, j’ai le droit de commenter autant que je veux jusqu’à ce qu’il me dise que si j’écoutais au lieu de parler je serais pas continuellement en train de lui demander ce qu’il vient de se passer. Ces petites soirées, on y tient tous les deux, c’est un peu nos retrouvailles à nous, le moment où je lâche la fourchette que j’ai à la main ( « tu as maigri ma fille » parfois j’ai l’impression d’avoir une mère juive sortie tout droit d’une pub pour coupe-faim) et où il lâche la souris qu’il a à la sienne (de main)
Noël 2009, je débarque donc avec chaton et oreiller, prends la meilleure place dans le lit, et demande le programme. Quelques films que je n’ai pas envie de voir, et… Misfits. Miswhat? C’est un peu comme Skins? Euh… Chuis censée connaître? Bon, va pour Misfits, ok.

Quand Marmotte Narco me dit qu’il faut les sous-titres, je râle. Moi, les sous-titres, j’aime pas. Je suis une feignasse, je lis, alors que je pourrais totalement comprendre sans (sauf Dexter, je m’y replonge, et honnêtement, à part les « what the fuck are you fucking doing here, oh fuck! » de Deb, je sèche parfois) Je me refuse donc à regarder la moindre production anglophone sous-titrée (sauf au cinéma, quand j’y vais une fois par an, et que je n’ai pas le choix)
Quand Kelly ouvre la bouche pour la première fois, j’accepte avec empressement les sous-titres. Parce que si je peux baragouiner et comprendre en anglais British du sud (pour y être allée plusieurs fois) en anglais Geordie (pour y avoir vécu, hiya guys) en californien (pour y avoir passé des vacances, smoking is not healthy) en hawaiien (pour avoir failli y faire un mariage blanc, and he was cute) et en anglais de Chennai (pour mes contacts pros quotidiens) l’accent « Brit-Wesh » fut pour moi une découverte. Le truc rassurant, c’est que même des anglais ne la comprennent pas:
Donc, le pitch, c’est quoi?
6 jeunes se retrouvent à faire des travaux d’intérêt général après divers incidents de parcours (de la possession de drogue au vol de bonbon) (si si) Lors de leur première journée, un orage éclate, ils sont foudroyés et découvrent peu à peu qu’ils ont des super pouvoirs. Et qu’ils ne sont pas les seuls. Et qu’ils risquent d’être accusés de 2 meurtres.
Ça vous rappelle quelque chose? Oui, Heroes, légèrement. Mais en version anglaise, et en version grands ados (j’aime pas le terme de jeunes adultes) Et en mieux, j’ai presque envie de dire.
Les pouvoirs sont révélés au fur et à mesure des épisodes. J’aime beaucoup la « logique » de ces pouvoirs, chaque personnage développant à l’extrême une facette de sa personnalité. Remonter le temps pour celui qui regrette une erreur qui a brisé sa carrière, rendre les hommes fous d’un simple effleurement pour la bimbo, l’idée tient debout. La dernière minute du dernier épisode étant bien évidemment la révélation du pouvoir du « héro » de la série, qui bien que prévisible, est tout de même réussie.
Les personnages sont globalement attachants. Même Simon, à côté de qui Dexter un couteau à la main passerait pour une personne émotionnellement équilibrée. Et surtout Nathan, gros argument marketing de la série. Et ça marche. Depuis l’épisode loup-garou (je crois que ma note sur Twilight va devenir ma référence ultime, surtout depuis que je ne travaille plus mon référencement sur « salope bretonne » et « blog petite culotte » ) je commence à me poser des questions sur ma santé mentale, et si le fait de trouver atrocement sexys de jeunes éphèbes fait de moi une cougar avant l’heure. Ou si la crise de la trentaine arrive très en avance. Bref, Nathan, l’archétype du sale gosse horripilant mais attachant, et aux répliques à se faire pipi dessus (classe, glamour et dignité sont au programme aujourd’hui) Je ne trouve pas de photo qui lui rende justice, ce sera donc une video.
Les épisodes, quant à eux, sont inégaux. Dans toute série qui exploite un pouvoir sur le temps, il y a le pénible épisode de la journée sans fin, où l’un des personnages revit encore et encore la même journée, jusqu’à ce qu’il ait tiré un enseignement de ses erreurs, soit un homme meilleur, blablabla (dans la vraie vie, si ça devait arriver, on parie que ça tomberait sur un jeudi (jour le plus pénible de la semaine) où on serait éternellement coincé au boulot?) Misfits tombe dans la facilité. Deux fois.
La minute moralisatrice est également présente, les hommes qu’Alisha met dans son lit en les touchant à peine ne se rappellent pas ce qu’il s’est passé une fois leurs sous-vêtements remis (super pouvoir masculin répandu dans le vrai monde également) et la demoiselle prend conscience qu’il n’y a pas que le sexe à deux dans la vie (il y a l’onanisme aussi, l’honneur est sauf, la subversion également, on en remettra une couche en pourchassant de la puritaine ensuite)
E4, qui diffuse la série, a fait le pari du viral. Les personnages tweetaient (Kelly, Simon, Curtis, Nathan et le compte Misfits) pendant la diffusion des épisodes, ce qui n’a certes d’intérêt que pour les Anglais regardant en direct live, mais peut parler aux Twitter addicts. Alisha a un Tumblr, et Simon une chaîne youtube, un compte Facebook et un Flickr.
Là où la démarche est intéressante, c’est que ces pages vont plus loin que ce qui est diffusé à la télé, en live-tweetant les pensées des personnages en temps réel lors de l’épisode, et offrent des vidéos exclusives (le Youtube de Simon), où on en apprend un peu plus sur un personnage secondaire qui prendra sûrement de l’importance dans la saison 2.
Parce qu’il y aura bien une saison 2, elle a été confirmée. Il reste juste à voir si Misfits connaîtra la même inspiration déclinante que Heroes (ça existe encore d’ailleurs?)
Hop, pour finir, le trailer, et le lien vers la page de E4. De rien, c’est cadeau, ça me fait plaisir! (et ne vous arrêtez pas aux effets spéciaux absolument pourris de l’attaque surprise de la foudre, nous mettrons ça sur le compte d’un trou dans le budget, d’un stagiaire peu doué, mais le reste est au dessus de ça)

Parce que je vais subir une inspection de pré-vacances / pré-déménagement qui est concrètement un combo contrôle fiscal / contrôle de l’assurance maladie / contrôle sanitaire / contrôle des services de la petite enfance.