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Benjamin, mon appartement, ma fuite du pays…

Pour changer (et reposer les deux neurones qui se relaient pour tenir la bête sur pattes) de la note en vrac, avec du sexe, de la violence et des larmes (enfin presque)

Vendredi, 19h59, je rejoignais avec une minute d’avance sur l’horaire indiqué F, avec qui j’allais déguster le concert de Benjamin Biolay. Après une première partie globalement pénible (dixit les Inrocks, et j’aurais tendance à être plutôt d’accord) (malgré des paroles signées Biolay, je n’ai pas du tout accroché au style de la demoiselle, ni à sa voix très Brigitte Bardot) et 20 minutes d’entracte, l’heure du décès de ma petite culotte a été prononcé environ 30 secondes après son entrée sur scène. Parfois, je suis d’une niaiserie affligeante. Mais la Superbe en live (pour ne citer que ce titre), ça file des frissons. Et finir sur Brandt Rhapsodie fut franchement orgasmique (je réalise soudain que ça aurait été la BO parfaite de ma note précédente) (et le débat « sexy ou pas » fait rage en ce dimanche soir, je maintiens que le cheveux douteux a un pouvoir aphrodisiaque certain, Nina me répond que ça fait juste crade. Aucun goût…)

Pour les gens qui m’ont demandé comment se passait la vie dans mon nouvel appartement… Je n’en sais rien en fait, étant donné que je suis SDF. Que ma vie tient dans ma voiture et quelques cartons, cartons délicatement déposés en vrac chez Nina, et dans lesquels je puise au hasard de quoi m’habiller le matin (ce qui peut donner des associations assez intéressantes) Et quand je me rends compte que j’ai oublié de garder une paire de talons de 10 pour aller travailler, ça me donne l’occasion d’en racheter.

Pour finir, soyez sages les enfants, Maman part 3 jours travailler de l’autre côté de la Manche (d’où les tenues de business girl et les talons vertigineux) (ça rigole pas avec le look à la City, mes jeans noirs ne feraient pas illusion bien longtemps) (oui, c’était juste histoire de caser la City dans une parenthèse), pleure d’avance à la vision des talons de 10 (aiguille sinon c’est pas drôle, je compte tenter le rapatriement sanitaire) et à l’idée du sevrage Twitter, et vous racontera si vous êtes sages.

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Shopping de rentrée

Des fois, ma génitrice m’effraie. Comme par exemple quand elle a demandé « vous ne fournissez pas le mari avec l’appartement? » à la charmante demoiselle avec qui on allait faire une visite.

J’ai eu envie de mourir.

J’ai allumé une clope de stress (c’était l’époque où je pouvais encore) (depuis je découpe des patchs en forme de fleur, d’étoile, de coeur, de mésange, et je me les colle dessus) (ils me rendent malade, l’envie de vomir coupant l’envie de fumer)

La demoiselle a été cool elle a dit que si elle en trouvait un elle se le gardait. Et aussi qu’elle commençait les patchs le 1er octobre. J’y ai presque vu un signe, le destin, mon âme soeur, et après la nicotine a fait effet et je me suis rappelée qu’on était là pour parler business.

Dans ma to do list des vacances, j’ai donc rajouté « signer la promesse de vente« , et dans celle d’après les vacances, il y a « trouver une banque qui ne me veut pas avec du gravier et du verre pilé » (et je suis bien placée pour savoir que tous les banquiers sont de vilains méchants), « trouver des déménageurs« , « faire toutes les formalités au plus vite« , « décider de ma future adresse« , et « péter la gueule du proprio » s’il change d’avis pendant la nuit.

Sans déconner,  pourquoi c’est le jour où je pars en vacances (donc loin de Paris) que j’apprends que mon offre est acceptée?

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Va-quoi? Pas encore…

Mes chéris, je vais m’absenter quelque temps. Enfin je serai toujours là, mais de loin.

Parce qu’au boulot, je forme l’intérimaire qui va tenter de gérer le bousin qu’est mon poste riche et varié pendant mes vacances. Oui, mes vacances. VACANCES. Ce mot me fait des frissons tout partout, c’est dingue. Donc en attendant, je travaille 7h48 par jour, sans même mon petit tour sur Rue89, je défaille. Enfin je défaille parce que je fais des efforts de bonne tenue et que je ne petit déjeune donc plus collée à mon écran, la brioche chocolat-orange coulant à pic dans le café.

Frigo vintageParce que je vais subir une inspection de pré-vacances / pré-déménagement qui est concrètement un combo contrôle fiscal / contrôle de l’assurance maladie / contrôle sanitaire / contrôle des services de la petite enfance.
En prévision, j’ai acheté de nouveaux couverts (et jeté les anciens) et le chauffage d’appoint est posé devant le frigo, en prévision de la séance de dégivrage au sèche-cheveux qui va suivre. A titre indicatif, il est 23h30, la nuit va être longue.
A minuit et demi, je découvre que le chaton a renversé le seau posé dans le frigo, que ma cuisine est inondée, et que mon nouveau sèche-cheveu déchire pour finir le dégivrage des 10cm de glace du freezer.

Parce qu’on m’a comparé à ma clé USB aujourd’hui, et que je m’interroge encore si je dois le prendre bien ou mal. Pour info, ma clé USB, c’est une Active Cristal de Philips, bling bling à souhait. J’ai donc modestement dit que ma clé USB était comme moi, discrète et très classe. J’ai entendu un « putain » étouffé venant de sous un bureau (pas le mien) puis un « ça rentre pas dans le trou » (idem) et enfin un « oui, elle est comme toi« . Je me demande si ça signifie que je suis bling bling et difficile d’utilisation. Sachant qu’en ce moment j’ai des cernes jusqu’aux genoux et un bouton de fièvre d’épuisement en phase d’approche, j’ai décidé d’arrêter de me poser des questions et de sourire bêtement. Lire la suite »

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Et pourtant j’ai rangé

Mais justement, quand je range, je ne retrouve plus rien.

Six mois que je cherche un jean dans mon appartement plutôt rangé selon mes standards personnels.

Jean

Le seul qui ne soit pas troué aux niveau des fesses (c’est plus la mode grunge hein, on est d’accord?) et/ou sans forme (on est en période camouflage ou affichage du cuissot?) et/ou déchiqueté par les frottements répétés sur les trottoirs (ouai, là c’est tendancieux)
Celui qui est taille basse mais pas trop, parce qu’on peut ne porter que du taille basse sans vouloir montrer au monde entier la couture de sa culotte (je parle même pas de la ficelle du string, j’ai des principes)
Celui qui fait presque croire que j’ai des fesses (mais presque, un jour, je me remettrai au sport et j’aurai un cul de déesse, en attendant, je cache ou triche)
Celui qui galbe le cuissot (comme si j’avais du muscle) mais tombe nonchalamment à partir du genou, parce que j’ai le mollet qui aime batifoler en liberté.
Celui qui tombe au millimètre avec mes chaussures à talon (toutes mes chaussures à talon, c’est ça le plus beau)

Demain soir, je retourne le placard, le tas de fringues à trier qui jonche la mezzanine, le tas qui attend d’être repassé (depuis un certain temps pour certains trucs) le fond du panier à linge (tapissé d’écharpes, aucune idée de comment elles ont atterri là) et les divers coins de mon appartement (qui heureusement est relativement rectangulaire)

Ou alors je retourne acheter le même, ça sera plus simple.

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Le romantisme des situations du quotidien

L’autre jour, on a eu une conversation passionnante avec BabySitter. Enfin lui il a conversé, moi, j’étais totalement sur le derrière et limite muette. Limite seulement, faut pas déconner non plus.

Intérieur de Charlotte, jour

BabySitter: Je regarde un peu pour les apparts en ce moment, c’est fou comme il y a des trucs bien et raisonnables dès qu’on s’éloigne un peu de Paris.
Vicky: Ouai mais s’éloigner de Paris, la galère quoi…
BabySitter: Ben tu sais, quand t’es sur la A, ça va vite après…
Vicky: Certes…
BabySitter: J’ai vu des trucs pas mal en tout cas.
Vicky: Cool, tu comptes vraiment déménager alors?
BabySitter: Ben je cherche pas franchement, je regarde juste…
Vicky: Ok
BabySitter: Dis, si je trouve un truc grand et pas mal, ça te dirait de déménager?
Vicky: … Gni? Genre… déménager? Euh… Avec toi?
BabySitter: Ouai, avec moi. Mais bon ça veut pas dire que je suis en recherche active hein, mais bon, on sait jamais…
Vicky: …

Je suis momentanément restée sans voix. J’ai même cru qu’on me l’avait changé. Parce qu’à la base, j’ai pris le modèle BBS brut de décoffrage, expression directe des pensées, diplomatie en option (ben j’avais cherché, y avait pas l’option) et phobie de toute forme d’attachement.

Alors le choc.

Que c’est même pas moi qui propose. Que c’est pas lui qui fuit. Qu’on va quand même pas acheter ensemble parce que vu que j’essaye de le quitter tous les 6 mois, ça ferait trop de paperasse. Mais quand même quoi. Il a émis l’idée qu’éventuellement. Et c’est déjà énorme.

La question suivante (et non exprimée) fut « mais comment on va faire pour cohabiter sans finir par se taper dessus si jamais on trouve un jour un lieu où poser nos PCs côte à côte? » Parce que c’est pas que j’ai mauvais caractère, ni même que j’ai du caractère tout court, juste que des fois je suis chiante, et je suis pas la seule.

Et bien j’ai trouvé la solution: Le convertisseur Milka. Hop on choisit la phrase de base, « Ramène le pain c’soir chéri » par exemple, aussi connue sous le terme « ya pu d’pain » et le convertisseur te la transforme en la très châtiée et raffinée « Ma toute belle promise, pourrais-tu grâce à tes jambes si délicates passer près d’un commerçant traditionnel pour nous ramener en guise d’accompagnement, une bonne baguette parisienne? »
Oui, vous disiez? Que tu dois ramener une baguette…

Et comme je me dis que ça ne marchera pas forcément avec le modèle que j’ai à la maison, et qui me prendra pour une débile si je commence à lui parler avec des phrases à rallonge (nous sommes factuels en général « j’ai faim » « j’ai froid » « je veux câlin« ) reste de la possibilité de fourrer un carré de chocolat dans la bouche de sa moitié (arabica pour moi, lait pour lui) en lui balançant « j’ai faim, le frigo est vide, tu me payes un restau ce soir? »

On remercie Blogrider pour le chocolat, et BabySitter pour le reste!

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