Lettre ouverte à Neuf/SFR

Chers petits bonhommes SFR,

Vous qui vous planquez dans votre Neuf Box plus vite que votre ombre, j’ai quelques trucs à vous dire. Oui, ça vous tombe dessus, depuis que j’ai raccroché au nez de votre télé-opérateur incompétent et qui refusait de comprendre le mot « résiliation. »

Petit rappel des faits:

- En Octobre 2009, la veille de mon départ en vacances, plus de téléphone, plus d’internet, plus de télé. Bon, ça doit être un problème technique. Trois semaines plus tard, à mon retour, toujours rien. Je me décide à appeler le service client (temps d’attente gratuit depuis une ligne Neuf SFR, c’est ballot, la mienne ne marche pas, j’appelle donc du portable) et le télé-opérateur tombe des nues: C’est pas de sa faute, c’est le vilain France Telecom (malgré le dégroupage? Soit) et la ligne est coupée/suspendue/whatever. Si je veux un geste commercial pour les 3 semaines où j’ai payé pour un service qui m’était coupé, je suis priée d’envoyer une demande par courier. Ben tiens…

- Le 1er février, je déménage, j’appelle le service client pour demander de suspendre ma ligne 3 semaines, entre l’appartement A et le B. Réponse du téléconseiller « C’est pas possible on ne fait plus de suspension, mais nous pouvons organiser le transfert de votre ligne. » Sauf qu’il est impossible de trouver le nom de l’ancien locataire dans les systèmes, et que je dois me débrouiller pour obtenir ces informations. Obéissante, je cherche, je me renseigne, et je raque sans rien dire, la ligne dans l’ancien appartement n’étant pas suspendue.

- Aujourd’hui, enfin munie de toutes les informations nécessaires, je rappelle la hotline. Pour une discussion d’anthologie.
« Je vous appelle pour un déménagement »
« Vous serez propriétaire ou locataire? »
« Propriétaire »
« Vous avez l’acte de propriété? »
« Je signe vendredi, donc non »
« Il faut une preuve que vous allez habiter là »
« Pourquoi ça fait 3 semaines que personne ne m’a dit ça? J’ai demandé une suspension de ligne, on me dit que c’est impossible et qu’il faut faire le déménagement, et maintenant le déménagement n’est plus possible? »
« Il faut l’acte de propriété. »
« Passez-moi votre service résiliation. »
On repart pour 5 minutes de musique d’attente.
« Bonjour, nous ne pouvons pas déménager votre ligne, la ligne est déjà ouverte dans votre futur appartement. »
« Comment vous pouvez me dire ça alors que ça fait 3 semaines que vous me demandez l’historique des 20 derniers locataires pour retrouver la ligne concernée? »
« La ligne est ouverte, envoyez nous le papier pour qu’on fasse le déménagement. »
« Non mais là, j’en ai assez, entre vos coupures sans préavis et vos refus de coupure, je veux résilier. »
« Vous êtes cliente depuis 2006? Nous vous offrons un mois gratuit. »

Mais je veux résilier bordel! Parce que le mois gratuit, d’un autre côté, c’est pas comme s’il ne compensait même pas les 3 semaines de coupure en octobre, ou ces 3 dernières semaines où j’ai gentiment payé ma facture en étant SDF « étant donné que Neuf SFR ne fait plus de suspension de ligne. »

J’ai fini par raccrocher au nez du monsieur (la chose que je ne fais jamais) (et je n’en suis pas fière) (mais j’étais à la limite de l’insulter)

Alors petits bonhommes SFR, si jamais vous faites de la veille internet, sachez que j’ai vraiment essayé. Vraiment. Mais il y a un moment où il faudrait arrêter de prendre les gens pour des imbéciles (et subitement retrouver, sortie de nulle part, la future ligne téléphonique concernée? Non mais LOL)

Vu que vos télé-conseillers refusent de comprendre que je veux résilier, on règlera ça en recommandé avec accusé de réception, hein. Dommage, j’étais bien chez vous, mais faut pas trop pousser non plus…

Bien cordialement, avec du verre pilé (pour moi, mais je partage si vous voulez)

Vicky

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La coloc de la vacuité

Déjà 15 jours que je suis homeless, l’heure d’un petit bilan…

Elles sont deux dans un studio de 30 m² avec un chat, 3 pc, un smartphone, 4 cartons. C’est la coloc de la vacuité!

demenagement

Je ne vais pas vous raconter comme je suis chouchoutée et bichonnée, option « Chérie ne m’attend pas à la sortie de l’Eurostar nue sous ton trench, je vais être en retard, mais je veux une pizza chaude et un lit douillet à mon arrivée » étant donné que Nina le raconte beaucoup mieux que moi dans son bilan.

Je vais me contenter d’avouer qu’hier, j’ai fait un revival de mon adolescence, version honteuse.

Vers 17h30, alors que j’avais trainé ma carcasse du canapé à la douche en grommelant que je voulais crever par auto-décapitation, puis de la douche au canapé en disant que ça allait un peu mieux, ma colocataire a fourbement profité de mon regain d’énergie pour asséner un « ok, on fait le ménage! » sans appel.

Ah, du ménage, vraiment?

Oui, vraiment. Malgré toute ma mauvaise volonté affichée, le fait que je refuse de lâcher mon téléphone portable et que je traine de la tong avec insistance, j’ai du participer. Pascal le grand frère aurait vu dans mon comportement un cas typique de test des limites de l’autorité. Me manquait plus qu’un chewing gum à mâcher la bouche ouverte pour parfaire le tableau.

Comme 2, dans 30m², ça peut vite faire beaucoup de monde à s’activer, j’ai opté pour le défaisage/refaisage de lit, puis le pliage de linge. Activités que je maitrise. Sauf qu’à un moment, alors que je faisais une pause téléphone entre le pliage de deux chaussettes, j’ai entendu quelqu’un parler derrière moi. Genre juste derrière. Genre j’étais grillée en pleine non activité. Pour arranger le tout, j’ai eu un tel regard coupable que mon cas est devenu indéfendable. Même si j’étais vachement plus courageuse que le chat, planqué sous le lit.

Comme tout ado qui se respecte, après avoir consciencieusement glandé, et regardé les autres s’activer, vint le moment à 19h (pile) où j’ai osé un « C’est quand qu’on mange? J’ai faim! »

Mon excuse? Je suis malade, d’abord! (j’avais dit que ça ferait mal quand j’allais relâcher la pression, ben je suis malade)

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Sachant que…

Partant du principe que les cordonniers sont les plus mal chaussés, je vous laisse imaginer la galère que peut être l’obtention d’un prêt immobilier pour une banquière…

Entre les impôts qui ont fait de la rétention d’avis d’imposition (joie, bonheur et pétages de plombs) ma capacité à perdre tout papier important et l’appartement qui s’est révélé ne pas être habitable en l’état pour des raisons évidentes de sécurité, genre une superbe prise arrachée du mur dans la cuisine, j’ai cru ne jamais y arriver.

Sachant que ma nouvelle banquière (blonde et bonnasse, ceci étant un critère de sélection primordial pour quelqu’un qui va me faire signer de mon sang un pacte avec le grand Capital) avait décidé de ne pas retourner mes appels de plus en plus énervés.

Sachant que mon agent immobilier à la voix de téléphone rose (ceci est un critère de sélection très sérieux pour quelqu’un qui m’a trouvé mon futur nid) qui me trouve jolie avec mes nouveaux cheveux mais ne me drague pas – lorsqu’il a dit la dernière partie de la phrase, j’ai eu envie de renégocier sa commission – m’appelait une fois par jour pile les 3 jours où j’avais décidé de laisser mon portable en mode avion histoire de ne faire du hors forfait que sur mon portable pro.

Sachant que j’ai beaucoup beaucoup beaucoup de boulot version dossiers pervers et l’énergie d’une palourde sur un plateau de fruits de mer.

sleepcycleSachant que je carbure à la caféine sous toutes ses formes et que l’efficacité de la chose semble légèrement surfaite en journée mais largement amplifiée aux heures où le commun des mortels régénère ses cellules lors d’un sommeil réparateur, ce qui donne des graphs de Sleep Cycle assez drôles, voire même carrément flippants, mais assez représentatifs de la qualité de mon sommeil en période d’insomnies.

Sachant que contrairement à 95% de la population française qui est hypertendue, la moindre contrariété (ce qui peut aller de la recherche infructueuse de collants un matin où je suis en retard à l’oubli de la CB pro au moment de payer 2 nuits dans un 4 étoiles de centre ville) (ça a fait mal) me fait dramatiquement chuter la tension et tituber dès 9h du matin comme si je cuvais encore de ma soirée de la veille, alors que je n’ai pas touché une goutte d’alcool depuis un bon moment.

Sachant que mon chaton me manque, enfin sauf pour la partie « ton chat est malade et nous a ruiné la moquette » mais quand même, mère indigne, je culpabilise.

Sachant que je vais entretenir une relation suivie avec mon dentiste pour les 8 prochains mois alors que l’idée même d’ouvrir la bouche me traumatise.

Sachant d’ailleurs que je suis privée de dentifrice durant cette période (et plus ou moins à vie d’ailleurs) et qu’il me faut un quart d’heure supplémentaire chaque matin pour me brosser les dents 2 par deux à l’eau oxygénée (ce qui donne néanmoins un résultat fabuleux, il faut le dire)

Sachant que bientôt on va causer bonus et que c’est pile le moment où je me laisse submerger par le travail parce que je ne tiens plus franchement debout.

Sachant que j’ai une relation suivie avec Ahmed, Samia et tout le call center Neuf SFR sans avoir encore réussi à faire migrer ma ligne téléphonique de mon ancien appartement au futur.

Sachant que j’ai rencontré l’un des numéros 2 de mon boulot (mon N + je sais pas combien, numéro 2 quoi, grand patron après le grand patron) et que je lui ai même serré la main, tout en bas de l’échelle que je suis, sans même parler du dîner à sa table où j’ai dû décrocher 3 mots tellement j’étais impressionnée.

Sachant que la partie la plus sensible au froid de mon anatomie semble être les genoux, qui ne sont malheureusement jamais couverts par mes jupes dont la longueur est calculée pour ne pas être corporate sans toutefois ne pouvoir être remise en question par un quelconque sursaut de puritanisme sans passer pour du harcèlement vestimentaire.

Sachant que ça doit faire deux bons mois que je n’ai pas dormi une nuit sans mettre de réveil le matin (ne parlons donc pas de grasse matinée)

Sachant que mon équilibre alimentaire ferait défaillir une diététicienne et conditionne les jupes de tailleurs que peux enfiler ou non le matin.

Sachant quand même que je songe à demander ma mutation à Londres parce que pfiuuu… sont quand même mieux pourvus que nous en jeunes étalons en costume (ceci est un critère important pour mon bien-être au bureau, même si le fait qu’un collègue m’appelle « chérie » aide à dédramatiser mes journées de travail) (les rumeurs enflent, les sous-entendus aussi, c’est très drôle)

Sachant que le vendredi je regarde satisfaite mon agenda de la semaine suivante en me disant que « c’est cool ça va être calme j’ai rien de prévu » et que miraculeusement en fin de journée je me retrouve à répondre « On peut se voir vendredi prochain, c’est ma seule disponibilité de la semaine » sans comprendre comment j’ai pu remplir 5 soirs de semaine en moins de 7 heures.

Sachant quand même que je ne remplis mon agenda qu’avec des gens que j’ai vraiment envie de voir parce que mon masochisme a des limites.

Sachant que ma volonté de redevenir une vraie brune a disparu lors de l’apparition de ma frange mais que la visibilité de ma couleur d’origine sur environ 5cm me perturbe au plus haut point, sensation à peine atténuée par la découverte du shampooing parfait auquel je vais rester fidèle pendant environ un flacon.

Sachant que j’ai une épouse formidable qui serre les dents et supporte mon bordel sans râler, et à laquelle j’ai annoncé que la signature (et donc mon déménagement) était reculée de 10 jours (mais en échange je ferme les yeux et les oreilles si elle sous-entend qu’elle voudrait avoir des aventures extra-conjugales, ce qui est en quelque sorte une façon de lui donner ma bénédiction)

Sachant que je suis en direct-live l’organisation du mariage d’une collègue en me demandant comment on peut être assez masochiste pour s’infliger ça de son plein gré et ne pas envisager de se barrer à Vegas pour faire ça vite fait bien fait.

Sachant qu’après avoir joué à l’inspectrice des travaux finis des plafonds, demain matin je vérifie si un volet roulant roule bien comme il devrait rouler.

Sachant que j’ai enfin sous les yeux mon offre de prêt…

… Vous m’excuserez mais je vais aller me coucher

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Benjamin, mon appartement, ma fuite du pays…

Pour changer (et reposer les deux neurones qui se relaient pour tenir la bête sur pattes) de la note en vrac, avec du sexe, de la violence et des larmes (enfin presque)

Vendredi, 19h59, je rejoignais avec une minute d’avance sur l’horaire indiqué F, avec qui j’allais déguster le concert de Benjamin Biolay. Après une première partie globalement pénible (dixit les Inrocks, et j’aurais tendance à être plutôt d’accord) (malgré des paroles signées Biolay, je n’ai pas du tout accroché au style de la demoiselle, ni à sa voix très Brigitte Bardot) et 20 minutes d’entracte, l’heure du décès de ma petite culotte a été prononcé environ 30 secondes après son entrée sur scène. Parfois, je suis d’une niaiserie affligeante. Mais la Superbe en live (pour ne citer que ce titre), ça file des frissons. Et finir sur Brandt Rhapsodie fut franchement orgasmique (je réalise soudain que ça aurait été la BO parfaite de ma note précédente) (et le débat « sexy ou pas » fait rage en ce dimanche soir, je maintiens que le cheveux douteux a un pouvoir aphrodisiaque certain, Nina me répond que ça fait juste crade. Aucun goût…)

Pour les gens qui m’ont demandé comment se passait la vie dans mon nouvel appartement… Je n’en sais rien en fait, étant donné que je suis SDF. Que ma vie tient dans ma voiture et quelques cartons, cartons délicatement déposés en vrac chez Nina, et dans lesquels je puise au hasard de quoi m’habiller le matin (ce qui peut donner des associations assez intéressantes) Et quand je me rends compte que j’ai oublié de garder une paire de talons de 10 pour aller travailler, ça me donne l’occasion d’en racheter.

Pour finir, soyez sages les enfants, Maman part 3 jours travailler de l’autre côté de la Manche (d’où les tenues de business girl et les talons vertigineux) (ça rigole pas avec le look à la City, mes jeans noirs ne feraient pas illusion bien longtemps) (oui, c’était juste histoire de caser la City dans une parenthèse), pleure d’avance à la vision des talons de 10 (aiguille sinon c’est pas drôle, je compte tenter le rapatriement sanitaire) et à l’idée du sevrage Twitter, et vous racontera si vous êtes sages.

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Dentelle et tentation

Parfois, j’aime vivre des expériences surnaturelles, au péril de ma vie. On appelle ça se dévouer pour l’humanité, et c’est épuisant. Par exemple, hier, j’ai vécu une journée de boulot intensément interminable (le dossier qui explose en vol au moment où tu ranges ton bureau, juste avant de partir, et éclabousse tout partout, c’est du bonheur en barre) dépanné une machine à laver (non mais pour de vrai hein, depuis elle ronronne à l’essorage, un vrai plaisir) en petite tenue et plié environ 3 machines de linge, avant d’en étendre une dernière. Un croisement entre Wonder Woman et Bree van de Kamp. Aujourd’hui, je sauve le monde, et demain je me repose, je crois que je l’aurai bien mérité. Dimanche je reprends du service, vivement lundi que je me repose… euh… que je bosse!

PerfectPanties

Hier, j’ai aussi décidé d’aller en pélerinage chez American Apparel, genre pour de vrai, dans une boutique. Le truc qui arrive une fois par an à l’addict de shopping virtuel que je suis. Quitte à ne pas essayer par flemme, autant carrément ne pas se déplacer pour choisir, le net c’est magique pour ça.

Comme la boutique de la rue du Temple est petite, bruyante et que j’apprécie moyennement d’avoir l’impression de déranger, j’ai tenté celle de la place du Marché Saint-Honoré. Qui est plus grande, plus calme, et où on m’a même dit bonjour (j’ai limite eu peur et envie de repartir, comme si quelque chose quelque part modifiait le cours normal de l’univers)

Shiny Pencil SkirtAmerican Apparel a toujours été un mystère pour moi. Quelque part entre l’amour fou et de grands moments de what the fuck. Par exemple, la jupe ci-contre me laisse perplexe. A moins de travailler en plein air et en nocturne, ou de chercher des fringues réfléchissantes pour faire du Vélib la nuit, qui peut bien porter ça? De son plein gré? Parce que oui la coupe déchire, mais le lamé or, sérieusement, ils le sortent d’où? Des chutes du micro-short de Kylie Minogue? Et au lavage, ça tient comment? Non mais vraiment, quelqu’un ici peut-il me dire « j’ai ça chez moi » (avec photo à l’appui sinon c’est trop facile) et ajouter « je le porte régulièrement, cette jupe est parfaite dans toutes les situations du quotidien » ? Je pense pouvoir dire sans trop m’avancer que non. Lire la suite »

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