Le problème de la garde d’enfants, c’est que s’il arrive quelque chose, tu es responsable, tu dois rendre des comptes, expliquer pourquoi le petit Brian s’est maquillé à l’indélébile, pourquoi la petite Priscilla a fait un piercing avec l’agrafeuse. Le problème de la garde d’enfants, c’est que parfois ils se font mal tout seul et avant de t’être confié, mais comme tu n’es pas un monstre, tu ne peux pas dire que ce n’était pas sous ta responsabilité donc ranafoutre.
Et tu te retrouves aux urgences, de bon matin, pas franchement réveillée, pleine d’optimisme sur le fait que ça va aller vite.

Tant de candeur et de naïveté mérite un lol

La première heure, tu réussis à canaliser la terreur que tu accompagnes, à coup de menaces, gros yeux, « si tu n’es pas sage je t’abandonne ici, » en lui donnant un bonbon, en le faisant dessiner, en lui disant que tout va bien se passer et que ça va être rapide. Oui, tu mens, mais tu sens déjà que ça va être long.

La deuxième heure, tu fais le « SMS à un ami » pour lui dire que t’es debout un matin avant 15h, le week-end, et que ça force le respect. Ce n’est pas une question, c’est une affirmation. Tu tentes de canaliser la terreur hyperactive qui trouve que la salle d’attente manque de jouet. Tu luttes pour ne pas tourner de l’œil à la vue des diverses pathologies qui débarquent. Tu maudis ta petite nature quand tu sens ta tension chuter à la vue d’une personne qui rend sa liberté à son petit déjeuner (émétophobie, que du bonheur au quotidien) Tu prends les paris sur qui pètera un plomb en premier. Tu te renseignes sur les horaires d’arrivée des autres, et tu as envie de pleurer.

La troisième heure, tu grignotes des cochonneries parce que tu n’as pas mangé depuis quasiment 24h (manger c’est tricher) en maudissant le meilleur système de santé au monde. Tu as arrêté d’espérer sortir de là avec toute ta santé mentale. Tu surveilles du coin de l’œil la terreur avant qu’elle ne décide d’explorer seule l’hôpital.

A l’approche de la quatrième heure, tu te casses, c’est pas faisable d’attendre autant avec un enfant en bas âge, et en te disant que la prochaine fois, il faut juste qu’il y ai du sang, visible, de préférence abondant, pour pouvoir espérer ne pas y passer la journée.

Ca fait longtemps qu’on n’a pas parlé épilation et règles douloureuses par ici, et je trouve que ça manque. Nous allons donc faire le combo en 2 jours. De rien, c’est cadeau, si tu es un homme hétérosexuel, tu risques d’être un peu traumatisé, je m’excuse d’avance.

Le gang des esthéticiennes a un discours bien rôdé: « Ohhh mais le rasoir c’est mal! Après c’est pire, douloureux, y en a plus et on fait tout pour que vous souffriez un maximum en les enlevant au ralenti! » L’esthéticienne peut être sadique, c’est pourquoi il est important d’être en bons termes avec la personne qui tient la pince à épiler. Surtout quand c’est dans une zone proche de ton intimité.

Amazonie

J’aurais dû me douter que ça allait merder. J’aurais vraiment dû.

La galère de l’épilation commence dès la prise de rendez-vous. Qu’il faut réussir à caser lors de l’absence de tout l’open space, afin que le bureau au complet ne soit pas au courant que samedi prochain, tu te fais déboiser l’Amazonie. J’aime mes collègues, je travaille dans une atmosphère testostéronée, on ne va pas en rajouter une couche. Lors de la prise de rendez-vous, vient la question fatidique: « Quel type d’épilation? » La novice répondra « Euh… de la chatte… » ce que la dame au téléphone a bien compris. Ce qu’elle veut savoir, c’est si tu veux te faire épiler sans enlever ton shorty, ou si tu penses que le poil est l’ennemi et qu’il faut l’éradiquer. Car ces deux opérations ne prennent pas le même temps.

Après avoir bafouillé mes instructions légèrement confuses, la madame a soupiré et m’a dit « écoutez, on note déforestation, vous verrez sur place. » Ok, soit.

En arrivant le jour J, j’étais de bonne humeur. Sûrement un reste d’alcool dans le sang. Ou alors le fait que je venais de caser mes fesses dans LE jean improbable, et que j’arrivais encore à respirer. Joie, bonheur et félicité.

Ce que j’avais oublié, c’est que j’avais dit ok pour un truc assez radical, et que je devais expliquer sur place ce que je voulais exactement. Pas super à l’aise dans des positions improbables, en pleine discussion avec l’esthéticienne – « Vous n’avez pas trop chaud? Vous voulez que j’ouvre la fenêtre? » « Votre vis-à-vis doit apprécier la vue… Non merci ça ira » – à qui je déclarais ma flamme (sans déconner, cette fille est un cadeau du ciel, j’ai pas eu trop mal!) je n’ai pas suivi l’avancement du chantier. Jusqu’au moment où j’ai jeté un œil… et hurlé STOP.

J’avais oublié que le grand problème de l’Amazonie, c’est la déforestation….

Vous m’excuserez, il faut que j’aille dévisser toutes les ampoules de mon appartement afin de réduire tout risque de choc post-traumatique….

Je ne suis pas d’un naturel superstitieux. Je passe sous les échaffaudages, voulais un chat noir (concrètement, la mienne est noire… et grise, et blanche, et laisse des poils partout) m’en fous qu’on soit 13 à table (juste que si on avait été 12 il y en aurait eu plus) et j’ai survécu jusqu’à l’âge avancé de 27 ans, ce qui pour un boulet de compétition relève du miracle.

Donc vendredi 13, ouai, ranafoutre, c’est une journée comme une autre.

Que je pensais.

8h20, après une nuit étrange, je remplis la gamelle du félin de croquettes (qui puent la mort) et me dirige de la cuisine vers le canapé pour mettre mes chaussures quand je sens quelque chose de bizarre au niveau de mes pieds. De très bizarre. Genre bizarre qui bloque. Au moment où mon nez heurtait le parquet, je me suis rappelée que depuis 3 ans, un câble réseau traverse mon appartement. J’ai attendu 3 ans – et un vendredi 13 – pour me prendre les pieds dedans et m’étaler relativement violemment. Mes mains n’ayant eu l’idée d’amortir la chute qu’une fois mon nez en contact avec le sol.
J’ai failli acheter un appartement avec du carrelage, je suis contente de n’avoir rien concrétisé.

8h35, je suis sur le quai du RER, le train est à l’approche, quand mon cerveau arrête de m’envoyer le signal de la douleur de la jambe droite pour me rappeler qu’à midi j’ai un rendez-vous pour mon prêt immobilier. Et qu’accessoirement, tous les papiers nécessaires sont restés sur la table. Dans mon appartement. Demi-tour, repassage devant le chantier qui bloque toute la rue, récupération du dossier, chat qui se barre dans les escaliers et trouve que c’est un super moment pour jouer à chat, envie de pleurer.

9h30, arrivée royale au bureau – dans la théorie je commence à 9h – allumage du pc. Premier plantage. Tentative d’ouverture du dossier délicat en cours. Deuxième plantage. Appel du service informatique (que j’ai prévenu la veille) et café en regardant la souris bouger toute seule sur l’écran gris.

10h29, constatation du service informatique: « We have an issue here, we need to run some tests tonight when you will leave. I call you back at 5.30pm. » Ah ben la journée va être courte…

12h00, rendez-vous dans une banque avec mon dossier sous le bras. La malédiction des banquiers pas mangeables continue. Je choisirai la banque où le conseiller sera le plus sexy et puis c’est tout, je suis pour l’esthétisme dans les relations monnayées, et vu les taux d’intérêt, j’ai bien le droit d’en avoir pour mon argent.

J’entame l’après-midi avec une légère appréhension…

Ouai, aujourd’hui, c’est férié, on fait du blog à chat, et c’est comme ça. Nous ne sommes pas en démocratie ici, je vous le rappelle. Et parce que là, j’ai du lourd (encore plus lourd que l’état de mon appartement sur la vidéo du lien, c’est dire)

Ma chatonne est curieuse, et a une passion depuis sa plus tendre enfance: mettre toute personne gravitant dans son entourage immédiat le plus mal à l’aise possible. Ma chatonne prône la vérité à tout prix, est contre les cachotteries en tout genre, et pense que l’honnêteté est la chose la plus important dans son monde. C’est un peu mon Bataille et Fontaine personnel, sauf que tu ne choisis pas si tu veux ou non ouvrir le rideau.

Honesty

Ainsi, la première fois que je suis allée avec elle passer une nuit chez ma femme, il ne lui a fallu que 10 petites minutes pour m’apporter, triomphante, la preuve que ma chère et tendre me faisait des infidélités. Avec un homme. Non, je ne développerai pas, il y a des images que je préfère ne pas raviver. Lisez le reste de cet article »

J’ai la mémoire vive d’un bigorneau. Limite cuit, le bigorneau. Ca peut être assez gênant au quotidien, pour des tâches telles que déplacer un objet O d’un point A à un point B, si un élément C vous perturbe, que vous posez ledit objet en D et qu’à l’instant E vous n’avez plus aucune idée de ce qu’est O, de la localisation de D et du but originel de la manoeuvre.

Je prépare un déménagement dans ces conditions, ça envoie du rêve hein.

facebook

Là où la technologie prend soudain tout son sens, c’est pour le rappel des dates importantes. Le calendrier Outlook du bureau me rappelle les conf calls et jours d’absence de mes chefs bien aimés. Une tonne de post its gèrent ma vie personnelle en attendant que je recharge le truc qui me sert de mémoire externe. Je demande aux gens de me rappeler par texto la veille d’un rendez-vous qu’on doit se voir (et si on peut me le rappeler le jour même aussi…) et limite j’achèterais bien un smartphone pour avoir une application qui me préviens que je vais être indisposée (d’ailleurs j’ai un crash test en cours, faut que je vous en reparle) (ça va être gore) (ça va être sanglant) (ça va être macrobiotique) (limite y aura du sexe) Lisez le reste de cet article »

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