Torture morale et compagnie
Depuis quelques mois, je vis une relation qu’on pourrait qualifier de passionnelle. Avec des hauts très très hauts, genre le petit nuage molletonné avec des angelots qui jouent de la harpe autour, puis des bas plus que bas, où la vie n’a plus franchement de sens. Passionnel quoi.
Pourtant, au début, j’ai eu un peu peur. Il m’impressionnait, m’intimidait, n’était pas mon style. Mais il a su se montrer rassurant, m’expliquer l’inexplicable, me dire qu’il ne fallait pas avoir peur, et qu’à deux, on pouvait surmonter tous les moments difficiles et douloureux. Moi, j’ai voulu le croire, je ne pensais pas encore qu’il me ferait souffrir plus que j’avais déjà souffert. Je pensais qu’il était the one, celui qu’on recherche toutes (et tous) ce qui à la réflexion était totalement niais, immature et utopique. Mais j’étais désespérée, j’ai vraiment voulu y croire.
Il m’a annoncé que ma vie allait devoir changer pour m’adapter à lui, que certaines de mes habitudes le dérangeaient. Qu’il n’allait pas me demander d’arrêter de fumer, mais de passer sous le seuil des 7 cigarettes par jour, et qu’il fallait que je prenne des antibiotiques, aussi. J’avais confiance, j’ai fait ce qu’il me demandait. En trichant un peu sur les cigarettes, parce que je n’y arrivais pas, et que j’avais envie d’avoir mon jardin secret, mon plaisir honteux et égoïste.
Tout allait encore bien. Je me sentais en confiance, j’avais même accepté ses bizarreries. Le fait qu’à chacune de nos rencontres, le scénario se répétait, et même si ce n’était pas de gaieté de coeur, j’ouvrais docilement la bouche en fermant les yeux. Et puis, ça a commencé à faire mal. Un peu comme avant, avant lui. Mais parfois, c’était à cause de lui, et c’est ce qui me faisait encore plus mal. Mais j’ai été forte, j’ai supporté la douleur en me disant qu’ensuite ça serait mieux, vraiment mieux. Que c’était normal que ça ne soit pas facile, et qu’il fallait que je m’accroche.
Un jour, j’ai craqué. On devait se voir, je savais que ça allait être intense, et peut-être douloureux, et je n’ai pas eu le courage. J’ai reporté, d’une petite semaine, le temps de souffler. J’étais honteuse, j’ai inventé un prétexte totalement fallacieux. Et la semaine suivante, je suis allée le voir. Parce que je pensais à lui matin et soir, et que je n’arrivais plus à me regarder dans la glace en me brossant les dents. Comme s’il avait compris que je lui avais menti, il m’a fait mal.
Mais je lui fais confiance, aveuglément. Parce que depuis qu’on se fréquente, je n’ai plus mal aux dents quand je mange du chocolat. Je dois certes me les brosser à l’eau oxygénée, m’étaler des trucs immondes sur les gencives, prendre des antibiotiques énormes et dégueulasses, me passer des brossettes dans des endroits improbables (genre entre les molaires, nan mais sérieux, les molaires!) et affronter ma phobie ultime: le dentiste. Une fois par mois. Avec des détartrages que je ne souhaiterais pas à mon pire ennemi (même si l’anesthésie, c’est très rigolo, surtout quand tu retournes bosser après)
PS: Bientôt, je réponds aux commentaires, promis!!!!










Parodontite mon amie…
Je savais que ça allait être une bêtise, me demandait juste laquelle…
J’ai pensé que tu parlais de ton appart au début!
Ben moi, j’ai marché comme une débutante. Je m’apprêtais même à compassionner =) Bien joué !
Après avoir vu Inception j’ai le cerveau tellement tordu que plus rien ne me surprend. C’est-y pas malheureux ça ?
rien que de lire « dentiste » ca me fait grincer des dents :s