Parfois, j’aime vivre des expériences surnaturelles, au péril de ma vie. On appelle ça se dévouer pour l’humanité, et c’est épuisant. Par exemple, hier, j’ai vécu une journée de boulot intensément interminable (le dossier qui explose en vol au moment où tu ranges ton bureau, juste avant de partir, et éclabousse tout partout, c’est du bonheur en barre) dépanné une machine à laver (non mais pour de vrai hein, depuis elle ronronne à l’essorage, un vrai plaisir) en petite tenue et plié environ 3 machines de linge, avant d’en étendre une dernière. Un croisement entre Wonder Woman et Bree van de Kamp. Aujourd’hui, je sauve le monde, et demain je me repose, je crois que je l’aurai bien mérité. Dimanche je reprends du service, vivement lundi que je me repose… euh… que je bosse!

Hier, j’ai aussi décidé d’aller en pélerinage chez American Apparel, genre pour de vrai, dans une boutique. Le truc qui arrive une fois par an à l’addict de shopping virtuel que je suis. Quitte à ne pas essayer par flemme, autant carrément ne pas se déplacer pour choisir, le net c’est magique pour ça.
Comme la boutique de la rue du Temple est petite, bruyante et que j’apprécie moyennement d’avoir l’impression de déranger, j’ai tenté celle de la place du Marché Saint-Honoré. Qui est plus grande, plus calme, et où on m’a même dit bonjour (j’ai limite eu peur et envie de repartir, comme si quelque chose quelque part modifiait le cours normal de l’univers)
American Apparel a toujours été un mystère pour moi. Quelque part entre l’amour fou et de grands moments de what the fuck. Par exemple, la jupe ci-contre me laisse perplexe. A moins de travailler en plein air et en nocturne, ou de chercher des fringues réfléchissantes pour faire du Vélib la nuit, qui peut bien porter ça? De son plein gré? Parce que oui la coupe déchire, mais le lamé or, sérieusement, ils le sortent d’où? Des chutes du micro-short de Kylie Minogue? Et au lavage, ça tient comment? Non mais vraiment, quelqu’un ici peut-il me dire « j’ai ça chez moi » (avec photo à l’appui sinon c’est trop facile) et ajouter « je le porte régulièrement, cette jupe est parfaite dans toutes les situations du quotidien » ? Je pense pouvoir dire sans trop m’avancer que non.
Par contre, côté sous-vêtements, mon postérieur a décidé que les « boy brief » sont les culottes les plus cool et confortables au monde, malgré leur degré de sexiness proche du zéro absolu (selon les critères inconnus d’un panel non représentatif d’individus qui de toute façon n’y connaissent rien en culotte) Quel ne fut donc pas mon étonnement en me retrouvant à la caisse avec des dessous dignes d’une poule de luxe au rabais, et en étant absolument satisfaite de mon look d’épave lors de l’essayage ultérieur (dentelle stretch, maquillage dégoulinant et cheveux qui repoussent trop vite pour que j’ai le temps d’être blonde des racines aux pointes, si ma génitrice me voyait, j’aurais le droit à une sortie du type « tu te drogues? tu veux qu’on en parle? » )
Le moment qui fait mal, chez American Apparel, c’est celui de l’insertion de la CB dans la machine qui annonce un chiffre absolument honteux proportionnellement au nombre d’articles achetés (la faute à ma nouvelle écharpe qui fait à peu près tout sauf le café et coûte une blinde à elle toute seule) J’ai hésité à sortir la carte corporate, avant de me rappeler que je n’avais toujours pas le code, et qu’il allait falloir que je justifie le professionnalisme de cette dépense ( « Dans le cadre du DIF, j’envisage un stage de reconversion vers les services à la personne et à cet effet ai eu besoin de tenues adaptées et d’une écharpe parce qu’il fait encore froid dehors et que je vais à Londres la semaine prochaine » me semble un chouia capillotracté) Je remercie donc les stylistes (qui doivent se droguer, quand même, au moins un peu) de pondre des collections dont une grande partie me parait totalement immettable, ça permet à ma banquière de continuer à penser que je suis un bon parti et de ne pas rechigner à sponsoriser mon futur chez moi. Même si je peux presque comprendre l’engouement pour le truc immettable qui illustre avec classe et glamour ce paragraphe (ensemble, jouons à deviner la profession de la demoiselle) (oui, sa position est un indice) J’ai bien dit presque, car est-il utile de rappeler qu’avec un truc pareil, tu ne peux pas faire pipi?
La prochaine fois, nous arrêterons de faire un blog de modasse (même si vous avez échappé aux photos version décapitée) et parlerons d’un truc chiant, genre « mais que sont-ils devenus depuis que j’ai quitté le système scolaire? » (ce qui signifie bien évidemment que je n’en parlerai jamais, étant donné que quand je promets de pondre une grande réflexion sur un grave sujet de société, je me retrouve à parler épilation ou rendez-vous chez le gynéco)
PS: Je ne trouve pas la jupe absolument délirante (microscopique, à froufrous et transparente, un jupon quoi) que j’ai vue en magasin (après être passée à la caisse, je n’ai aucun mérite) Je suis très déçue, partager ce coup de coeur modesque aurait permis d’anéantir à tout jamais ma crédibilité sur le sujet « fringues » et de nous concentrer sur autre chose, genre la recette des pâtes au pesto.
Tu peux toujours dire à ton boss que tu cherches à rentabiliser les formations sur le harcèlement sexuel en vérifiant si le port de lingerie de catin peut être considéré comme une invitation à la débauche en Open Space.
Quant à cette jupe lamé or, je me demande si portée en plein soleil un jour de canicule elle ne risque pas de provoquer une crise d’épilepsie chez les passants. Et tant qu’on regarde la jupe, on ne regarde pas les seins…
Impressionnant Ô-ô La jupe lamé or, tu ne penses pas qu’elle peut-être utilisée comme miroir réflechissant qui ferait fuir tous ceux qui tenteraient de l’approcher ? Mouais… Sinon, je ne vois pas…
Ok…. pas emballée par de la lingerie hors de prix, moi.
Et donc, les pâtes au pesto ? ^-^
@ Loxy More: Je sens que tu me crois capable d’acheter un truc pareil (d’où ta conclusion) Je suis blessée. Vraiment.
@ Yuko: Pour les retouches maquillage dans la journée sans se lever de son fauteuil de bureau, c’est nickel!
@ Maud: Hors de prix… Moins qu’Aubade ^^ Et le pesto Monop’ est franchement pas une réussite, il faut le dire!
Je tiens juste à m’exprimer en temps que coloc du moment. J’ai vu tes culottes, je les ai même pliées et elles ne sont pas féminines. J’ai dit
Alors perso, j’ai fini par bcp aimer American Apparel dans ce pays – c’est pas cher en fait, ici, et du coup tu trouves des basiques (t-shirts, sweats) très simples (sisi!) à pas cher, donc.
En-dehors de ça, leurs trucs improbables me font sourire, même si j’ai osé le body dentelle et même la combi d’actrice porno que tu as mise en photo (en vérité, je la voulais en legging, ils faisaient que ça à l’époque, mais du coup, je ne la porte qu’en legging, je ne saurais quoi foutre du haut).
Quant aux culottes, je te soutiens à mort! Ces choses sont le confort incarné, il y a de jolies couleurs/motifs, et certes ça a un côté coton basique, voire j’ai piqué les slips de mon mec (s’il mettait des slips) mais en fait, je trouve ça très chouette! (j’ai pas d’autre argument, mais c’était pour faire contrepoids à ton panel non-représentatif – ça va Nina?
)
@ Nina: Même pas mal (enfin un peu quand même!)
@ Virgo: Je savais que toi tu me comprendrais!