Ce qu’il y a de bien quand tu t’arrêtes de fumer, c’est d’être soutenu. Parait-il. Je commence à sérieusement en douter.

Pour la petite histoire, je suis issue d’une famille de fumeurs, même si c’est un sujet tabou depuis le décès de mon grand-père d’un cancer du poumon. Mes parents ont vaguement arrêté entre ma naissance et celle de mon frère, mais disons qu’une bande de névrotiques doit trouver un moyen de canaliser ses angoisses existentielles. La cigarette étant un moindre mal. Être sur le point de devenir la seule non fumeuse de la maison est donc un grand bonheur de chaque instant.
Depuis quelques jours, je constate par exemple d’étranges disparitions, vu que plus personne ne me prévient plus des horaires des pauses cigarettes. Je me sens seule et délaissée.
Le premier jour, ce n’était pas gênant, j’étais échouée dans le lit de mon frère en gémissant que je ne voulais pas mourir seule et tuée par un patch. Mon chaton est venu se coucher sur mon visage pour abréger mes souffrances avant que le patch n’ait diffusé une dose létale de nicotine dans mon organisme. Depuis que j’ai vu l’épisode des Experts où un monsieur meurt d’une overdose de nicotine, je me méfie de la substance.
Ma génitrice a accepté de me conduire à la pharmacie pour que je titube jusqu’au comptoir en agonissant d’injures la pharmacienne qui m’avait dit qu’avec mes 15 clopes par jour il fallait le patch le plus fort. Je n’ai pas eu la force de lui coller ledit patch sur la tronche, je me suis contentée de ne pas vomir sur la moquette. Depuis j’ai coupé les patchs en deux (parce que je ne jetterai pas 15€ de nicotine à la poubelle sous prétexte que je suis une petite nature) je suis en manque mais je tiens debout. Mais je suis toujours allergique à la colle, karma de merde.
Le second jour, ma très chère mère s’est inquiétée de mes fringales répétées. C’est bien connu, l’arrêt du tabac fait grossir, il faut que je fasse attention. Et si je ne le fais pas, mon coach diététique le fera pour moi. Quand j’ai fini de boire mon litre d’eau syndical, si j’ai encore un petit creux, je dois ruser pour m’approcher du frigo. Me justifier en rappelant que j’ai mangé un yaourt au petit déjeuner, il y a 5 heures, et que j’ai un peu faim. Lorgner sur la pâtée des chats. Piquer de la nourriture et courir, vite et loin.
Entre le jour 1 et le jour 2 de mon arrêt tabagique, j’ai donc perdu un kilo, ce qui doit un peu être une première mondiale. Je dois encore tenir 15 jours en compagnie de celle qui m’a donné la vie, je pense revenir en sosie de Kate Moss.
Le troisième jour, j’ai un peu craqué. J’étais sur le point de fumer un patch, en me demandant si je devais ou non le sortir de son emballage, quand mon frère est passé dans mon champs de vision. L’oeil torve, la bouche écumante, je lui ai demandé de me passer une clope. Il a refusé. Je l’ai menacé de tout plein de choses. Comme par exemple de décéder dans son lit, le corps couvert de patchs, et de revenir le hanter jusqu’à la fin de ses jours. Il a cédé.
Je n’ai même pas eu le moindre soupçon de culpabilité en la fumant, juste une sensation de bonheur absolu, le frémissement de mes alvéoles pulmonaires au contact du goudron a un je ne sais quoi de réconfortant.
Un de ces jours, je vous promets de retrouver un peu de légèreté, de joie de vivre voire même d’humour. Pour le moment, je me demande juste pourquoi j’ai décidé d’arrêter de fumer…
arrêter dans un environnement de fumeur ça ne doit pas être facile en effet… se retrouver seule parce que tous les autres sont partis fumer, je connais, c’est franchement pas cool…
T’en fais pas pour ton sens de l’humour, il me semble bien qu’il n’est pas parti. =p Parce que, malgré tout, ton article m’a fait rire.
Cela dit, bonne chance. Même si je ne connais pas la nicotine/dépendance, j’imagine bien que ce n’est pas facile.
c’est un peu les limites des patchs, ça te conforte un peu dans l’idée de dépendance, enfin sans tomber dans la psycho de comptoir. Se coller un patch, à fortiori s’ils te rendent malade, c’est quand même moins glamour que d’en griller une. Bref, vas-y cold turkey. Ou pas. (je précise que je ne saurais être jugé responsable des conséquences que cela pourrait entrainer pour ton entourage)
Au boulot, j’observe de plus en plus de gens se mettant à fumer … et ce depuis l’arrivée d’une nouvelle recrue … Elle a une mauvaise influence je crois.
Courage!
Roh, tu crains, tu te compliques la tâche, là… Allez, c’est fini, t’es sérieuse maintenant !
J’ai arrêté de fumer il y a 4 ans, et ma chère et tendre fume toujours à la maison… No problemo, quand on a vraiment envie d’arrêter c’est gérable…
La clope c’est une salope et elle fait des partouze avec des petites culottes.
(faites pas gaffe je teste un truc)
La cigarette est vraiment une drogue, et c’est vraie que si l’on décide d’arrêter de fumer il faut que être très motivé sinon c’est l’échec assuré.
Je te dis ça en connaissance de cause, il faut te fixer un objectif. (Je n’ai toujours pas arrêter non plus, mais j’y pense comme tous les fumeurs)
@ Annick: Aussi bizarre que cela puisse paraître, je tiens le coup!
@ La Grenadine: Disons qu’il est plus facile de se sevrer du chocolat que de la clope, pour te donner un exemple
@ Matt: Une semaine de patch, puis comme une grande, et je tiens bon!
@ MissBrownie: Mais quelle idée!
@ PinkLady: Quelques craquages, mais je tiens!
@ Tode: Non mais t’es surhumain toi!
@ Archie: Comme tu peux le voir, mon blog est bien moins républicain que le tien.
@ Buzzy: Ben si, j’ai arrêté…