Samedi, c’est charcuterie
Humeur capillaire: I feel gooooooooooooooood
Dans les zoreilles: Magenta/Rock with You/Magenta…
Samedi après midi… Après un combiné douche/thé/muffin/article/préparation mentale, je me rends compte que je devrais déjà être dans le RER en direction de Paris alors que je ne suis pas encore habillée (enfin si, j’ai pas muffiné à poil, mais la tenue du matin ne convenait pas à une tentative de reprise de vie sociale en milieu urbain) ni maquillée (enfin si, mais ça datait de la veille…) Record absolu d’un oeil semi-charbonneux (c’est à dire du noir mis à l’arrach’ autour des yeux) je sens que je commence à m’améliorer (en tout cas côté chrono!)
Bon, on oublie les talons de filles, vive le confort (va falloir courir) et les Adidas. Oui, ça casse le style, mais mes pieds réclaments à cors (oui oui) et à cris le retour des moon boots, alors je fais un compromis…
Je visse Popod sur mes oreilles, ce qui a pour effet immédiat de me faire sautiller sur place, et comme le monde est avec moi (enfin surtout la RATP) un RER s’arrête au moment où je pose un pied sur le quai… Il semblerait que mon karma se soit éclairé, d’un coup d’un seul! Non mais parce que d’habitude, les RER, je les regarde s’éloigner quand je gis, agonisante, sur le quai désert.
Alors que j’attends Nina aux Halles, un jeune homme s’approche de moi, sa bière à la main. J’ai toujours Popod sur les oreilles, et la clope à la main. « Bonjour, t’aurais pas une clope? » Bon, encore une fois, j’ai une gueule de bar-tabac/armée du salut, cool! Non, j’en ai pas, désolée (oui, je m’excuse de ne pas faire bar-tabac/armée du salut…) « Ouai, c’est toujours la même chose, personne n’en a, toujours des excuses bidons, jamais de l’honnêteté, ça me saoule… » Je reste stoïque, l’orage va s’éloigner… Et l’orage finit par repartir, sa bière à la main.
Comme j’ai vraiment une tête à me faire insulter (j’vous assure!) le deuxième round a eu lieu un peu plus tard, en compagnie de Nina, quand nous n’avons pas répondu au « bonsoir » d’un jeune homme qui ne semblait pas avoir vu qu’on était en pleine conversation. Et comme on n’a pas répondu, et ben forcément… « Ouai, c’est ça, nique ta mère » (je crois même avoir entendu un « pouffiasse« , mais je n’en suis pas sûre) Bon, c’est gentil de proposer de pimenter ma vie sexuelle par une séance d’inceste lesbien, mais physiologiquement, je vais quand même avoir du mal. Et j’ai même un soupçon de morale parfois…
Comme on est des girls complètement wild, on commence notre petit tour par un repérage pierceur/pelotes de laine. Je suis en période relooking esthétique passant par une customisation de mon corps (oui, je suis maso dans l’âme, et je le sais), et Nina est toujours dans sa période « défoulage par les aiguilles » (je lui ai proposé l’acupuncutre, elle a semblé préférer le tricot) Après une rapide vérification du timing, on fonce vers le ciné… pour découvrir que la séance est complète. Bon, on prend les billets pour la séance suivante, et on décide de reprendre notre folle virée.
Je signe la décharge indiquant que je ne suis ni droguée ni bourrée, majeure et consentante, pas trop émotive et correctement alimentée, et « n’avoir aucun doute quant à mon aptitude sanitaire à l’acte de body-piercing« . Bon, l’émotivité, c’est que pour les prises de sang, et deux muffins, c’est de la nourriture non? La demoiselle qui s’est fait massacrer l’oreille juste avant moi sort de la cabine… pour y rerentrer aussitôt.
Note à moi-même: quand on dit que ça ne va pas, on vous file un verre de jus d’orange. Toujours bon à savoir!
Mon tour arrive, je suis une warrior, une vraie, une tatouée et déjà piercée, je ne vais pas flancher (juste planquer mes mains moites)
Je remonte mon pull devant le pierceur, acte le plus torride de ces 30 derniers jours, il se penche pour examiner mon ventre de près, et me dit que je suis bizarrement piercée. Oui, je faisais 8 kg de plus il y a un an, donc mon ventre est légèrement plus compact… Nous décidons donc d’un commun accord de corriger l’impact de sortie, et de le remettre droit (oui, l’ancien était de travers) Mise des gants, désinfection du nombril, choix du bijou, mise du masque, changement des gants (côte hygiène, ils déconnent pas, j’ai été bluffée!), mise en place de la pince, et… Un timide ouille plus tard, c’est fait (je n’avais même pas vu qu’il avait pris l’aiguille!)
Un coup d’œil au miroir qu’il m’oriente vers le ventre, et je me relève, sans tourner de l’oeil!
Such a warrior! Et même pas mal! Enfin presque pas… Le résultat est assez convaincant à mon humble avis:

(non, ceci n’est pas mon patch de nicotine)
Après cet interlude charcutage, nous retournons (après quelques détours, mais je sens que j’ai déjà perdu pas mal de monde en cours de route, je ne vous ai pas habitué à de telles tartines!) vers le cinéma, histoire de ne pas rater la séance une deuxième fois (on a les billets, on va ptêtre pas trop en faire non plus, la séance de 22h, ça fait tard!)
La version de Nina se trouve au bout de ce clic
Et là, je vais vous faire découvrir mon incroyable esprit d’analyse et mon sens inné de la critique de film. Accrochez les ceintures.
Hannibal, les origines du mal
Déjà, on a choisi du lourd, du culturel, du profond, du philosophique… Bref, du Gaspard Uliel. Parce qu’après sa prestation dans « un long dimanche de fiançailles » (qu’on aurait pu aussi appeler « Long » tout court, ça résume assez bien le film) il était temps de voir ce que Gaspard pouvait faire dans une super production américaine!
Première surprise: le film est en VOST. Oui, j’avais pas regardé (mais Nina m’apprend que c’est courant à Paris, je sens que je vais aller au ciné plus souvent!) C’est à dire que les lithuaniens parlent anglais avec un accent lithuaniens de derrière l’isba, que les Français parlent anglais avec un accent français à couper à la serpette, et qu’en gros ya qu’Hannibal qui parle américain.
« Ou iz zaire? Madame, itsse eu boyeu » c’est drôle 2 secondes, mais très vite très saoulant. Mais bon, Gaspard, quand même, il parle bien le ricain, ya rien à redire!
Côté histoire, c’est mélodramatique au possible. Les parents d’Hannichou qui se font tuer devant ses yeux, déjà, ça traumatise. Hanni s’occupe donc de sa petite soeur, quand des méchants lituaniens wannabe SS reconvertis en pilleurs (tu le sens bien le mélodrame là hein!) les découvrent et organisent un petit squatt surpise. Sauf que dehors, il neige, et que la perdrix crue, ça va un temps, mais ça nourrit pas son homme… Les vilains méchants ont donc une brillante idée: manger de la chaire fraîche, en l’occurence la petite soeur, qui de toute façon va claquer de pneumonie, alors un ptit coup derrière la tête et dans la marmitte, c’est un peu comme abréger ses souffrances. Sauf que bon, Hanni, il apprécie moyen… Et semble un chouia perturbé, parce que 8 ans plus tard, il ne parle plus en signe de rebellion.
Comme le dira un personnage plus loin dans le film (dans l’interlude psycho à deux balles du scénariste stagiaire, puante au possible) « C’est un monstre, Hannibal Lecter est mort le jour où on a découvert cet enfant dans la neige »
Donc 8 ans plus tard, Hanni se fait la malle de l’orphelinat où il demeure (qui est l’ancien chateau de ses parents, histoire de bien remuer la serpette dans la plaie) et rejoint la France, où vit son oncle. Sauf que Tonton, il est mort, et qu’il ne reste que sa femme (japonaise, dont toute la famille a été tuée lors de l’explosion de la bombe à Hiroshima, pour rajouter encore une couche de mélodrame) Et puis comme Hannichou il fait des vilains rêves et se réveille en hurlant le nom de soeurette, il s’auto-sérumdevéritétise, et se rend compte que les vilains méchants ont boulotté sa sister, et forcément, ça le met un chouia de mauvaise humeur… et il part à leur recherche, muni de la nationalité française… Ben on sait pas comment il est devenu français, sûrement parce que sa tante japonaise était mariée à un français. Et puis comme Hanni il est très énervé, et qu’il est étudiant en médecine (option découpage de gens morts) et qu’il sait maintenant que sa soeur a fini en court-bouillon, il commence à découper, trancher, charcuter… et déguster. Là, mon estomac commençait à me demander « C’est quand qu’on mange? Euh… Non, oublie ma question… »
Malgré tantine qui lui dit d’arrêter et de pardonner (et éventuellement de filer 100 balles et un Mars aux survivants, qui bien évidemment sont tous devenus de vilains méchants) Hanni continue son circuit gastronomique. Et on a presque envie de lui dire « vazy, bouffe les tous, ce sont eux les monstres. » Parce que le film en lui-même n’est pas si mauvais que ça, bien sanglant comme il faut et tout et tout, un peu cliché parfois, un peu longuet à d’autres moments, mais pas foncièrement la bouse de l’année (Taxi 4 devrait s’en sortir haut la main de ce côté-là) si ce n’était pas censé expliquer les raisons du régime légèrement déviant d’Hannibal Lecter. Mais bazar de zut, Hannibal, c’est le psychopathe qui tue par pur plaisir, qui charcute les gens rien que pour pouvoir en manger une tranche, et pour qui la morale est un truc accessoire. Alors que là, on a envie de le serrer contre nous (serait-ce un début d’instinct maternel?) en lui disant « C’est fini, tu les as tous bouffé, tout va bien se passer, on rentre à la maison, je vais te faire un gratin de brocolis après ta cure de protéines. »
En gros: Un film à voir si vous voulez de l’hémoglobine et de la vengeance sanguinaire, mais essayez d’oublier que ça parle d’Hannibal Lecter, c’est mieux pour vous… (D’ailleurs, je crois me rappeler que dans le Silence des Agneaux, on expliquait son cannibalisme d’une autre façon, si quelqu’un se rappelle de ça, merci de me le dire en commentaire!)
Et au fait, Gaspard, il assure (et parait que j’ai raté une vue imprenable sur son impeccable postérieur à un moment particulièrement gore… Grrr…)








