Humeur capillaire: Glamour

A la télé: Riding the Bullet, je suis à 200% dedans!

Dans les zoreilles:
Need U vocal mix de Serial Crew, je suis au bord de l’orgasme (je suis vachement multi tâche quand je veux)

Pour vous résumer la situation, je fais un énorme complexe sur mon derrière. Le volume de mon postérieur est inversement proportionnel au complexe que j’entretiens sur celui-ci.

Ce qui n’aide pas, c’est que ma morphologie est assez spéciale: Je suis fournie de poignées d’amour. Oui, les poignées d’amour, si mimis sur un Zom, attendrissantes et tout et tout. Et bien moi, quand je prends 100 grammes, ils vont se loger directement au niveau de la taille.

Rien de bien catastrophique me direz-vous? Malheureux! Fesses fantômes + poignées d’amour = euh… Où finis la poignée, où commence la fesse? Serais-je munies de fesses qui commencent au milieu du dos? Comme vous l’avez compris, je suis d’humeur hautement spirituelle. Le premier qui me dit « Pour changer« , je l’éclate de mes blanches mains!

J’ai toujours rêvé d’être munie d’une paire de fesses genre « Non, ce n’est pas un wonder cul (la version Wonderbra pour le derrière, vous n’en rêviez pas, mais ils l’ont fait quand même!) c’est mon véritable postérieur, d’origine! » Bon, on va faire sans (les manipulations génétiques ne sont pas encore assez au point) et camoufler…

Afin de combattre mon image de perpétuelle loque humaine au boulot, j’ai récemment investit dans une paire de bottes. Une paire de bottes de filles. Comme je n’ai pas été totalement lobotomisée par les petites anglaises (qui ont un sens inné du goût inversement proportionnel à leur taux d’hormones. Pour résumer, elles ne ressemblent à rien, mais sont réchauffées par leur libido débordante, et se mettent donc en valeur dans de charmantes mini jupes ras le coquillage, assorties de bottes en poil de yeti, roses elles aussi) j’ai pris une paire de vraies bottes en cuir marron (ça change du noir) avec des talons.

Le talon jusque là réservé aux grandes occasions (pour les 5 premières minutes des mariages avant de repasser en baskets, pour les sorties en boîte anglaises, ma paire préférée celle-là) va entrer dans ma vie quotidienne. Fini le jogging du matin pour choper le RER (j’avais d’ailleurs arrêté depuis un moment) J’ai la cheville fragile et la foulée très peu athlétique, donc on va éviter. Après un entraînement intensif sur des petits trajets afin de me réhabituer à la marche en altitude, je me sens prête à faire le grand saut, enfin le grand pas: aller travailler munie de ces engins de mort. On y croit, tu peux le faire Vicky. Tu vas juste mettre un peu de temps. Mais tu peux le faire. Effectivement, la journée se passe sans soucis ni chevilles foulées.

Au moment de partir, je me retrouve avec deux collègues dans l’ascenseur. Une fois dehors, le premier me balance:

« Sympa ton nouveau jean, il te va bien! »

Très louche tout ça… Effectivement, ça ne rate pas:

« Ouai, dis le que tu trouves que ça lui fait un cul d’enfer! »

Bon, venant d’eux, c’est un compliment. Ne pas relever, ça va mettre de l’huile sur le feu et avec ces deux là, je n’aurais jamais le dernier mot… Mais c’est le premier compliment sur mon postérieur, quand même!

Arrivée à ma gare, je me rends compte que le frigo est vide, ainsi que les placards. Pas le choix, c’est soit crever de sous alimentation, soit me trainer jusqu’au DE (remettre les lettres dans l’ordre) de service. Au passage, deux « vous êtes charmante mademoiselle » et 4 « Je me retourne aussi visiblement que possible pour mater tes muscles fessiers » Là, je commence à avoir peur. Il m’avait semblé détecter ce genre de regard à la Gare de Lyon, mais dans la foule… Mon jean n’a pas changé, ma veste non plus, ma tête encore moins, et le reste est comme la dernière fois que j’ai fait mes courses… A 500 grammes près, mais bon…

Arrivée à la caisse, je me rends compte que comme d’habitude, je suis la neuneu avec sa boîte de taboulé post ramadan (tellement consistant qu’avec 3 bouchées, t’es calé pour la journée) et que devant, les chariots s’entassent. Comme d’habitude, les gens lorgnent sur mes 500 grammes de taboulé, mine de rien, et se retournent vers leurs chariots pleins. Pas un qui me prendrait en pitié… Mon magnétisme  s’affaiblit (il faut dire que j’ai réussi, grâce à mon énergie psychique débordante, à bloquer le portillon d’entrée et à le faire bipper joyeusement) Le monsieur devant moi pose son gâteau, son camembert et son litre de coca, et se retourne vers moi:

« Vous voulez passer devant? »

Euh… T’es gentil, mais t’as à peine plus d’articles que moi, et c’est plutôt le gros connard avec son gros caddie bien plein qui aurait pu me laisser passer. Bon, je m’emporte…

« Non merci, ça ira! »

Il me le repropose encore une fois (je décline toujours) A la sortie, il se débat avec ses clés de voitures au moment où je sors, et me lance un « Bonsoir mademoiselle » Punaise, ça marche encore! C’est trop fort! Mais légèrement flippant…

J’ai également tenté la version bottes + maquillage, aucune différence notable. A part qu’un vieux lubrique me reluquait bizarrement (et j’étais assise, nous exclurons donc la botte)

Moralité? La fesse dirige le monde, j’vous l’dis!

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