Ce matin, debout de bonne heure et de mauvaise humeur (manque de sommeil) parce que j’ai un rendez-vous, et pas des plus agreables… Le gyneco. Qu’on se le dise, je n’ai pas peur des medecins, ni meme des dentistes, du moment qu’ils n’ont pas une aiguille a la main… Mais le gyneco, ce n’est jamais vraiment un moment de plaisir, mais quand faut y aller… En fait, je n’ai pas trop le choix, le pharmacien refusant de donner mes pilules a ma mere parce que ca fait 6 mois qu’elle vient les chercher sans ordonnance. Elle a la flemme de faire une ordonnance parait-il, je la soupconne plutot de vouloir sadiquement m’infliger une prise de sang!
Donc ce matin, je debarque a l’hopital pour mon rendez-vous. L’avantage d’avoir une mere surveillante du service maternite, c’est que j’ai des rendez-vous pris en 15 jours avec Dr K., l’ancien chef de service super gentil. L’inconvenient, c’est que tout le monde me connait la-bas…
Avec ma chance, j’ai eu le droit a l’integrale! Lisez ceci messieurs pour savoir ce a quoi vous echappez (petits veinards va!)
Deja, apres avoir discute de tout et de rien (la frequence de mes regles, mon annee en Angleterre, si ca gratouille, piquotte, si je cherche du boulot, ma tolerance a la pilule et si mon pere va bien) seance deshabillage. Je n’ai pas de problemes a me promener devetue, mais dans le cadre strict de l’intimite. Or, je ne me sens pas chez moi dans une salle de consultation. Je garde donc mes chaussettes en signe de rebellion. Installation sur la table de torture: les mollets poses sur les etriers, sorte d’acoudoirs a jambes, et le derriere a moitie au dessus du vide, je ne me sens pas dans ma position la plus glamour (n’oublions pas que je suis entierement nue, chaussettes mises a part) Et la, le gyneco se rend compte qu’il doit faire un prelevement mais qu’il n’a plus les lamelles qu’il lui faut. Il part donc en chercher, pendant que je suis inconfortablement installee sur la table, et que je compte les courants d’air… ca commence bien!
Ici, un petit rappel s’impose: Savez-vous ce qu’est un speculum? Au Moyen-Age, c’etait un charmant moyen de torture, et meme si l’aerodynasmisme de l’objet a quelque peu evolue depuis, ca reste toujours un moment pas franchement agreable a passer… On insere, on ecarte… Et on gratouille! Legerement crispant, vous en conviendrez! 3 prelevements plus tard (je suis plus surveillee qu’une station d’epuration niveau prelevements), on passe au malaxement des seins. Que ceux qui trouvent une connotation erotique a cette pratique se detrompent: c’est de l’ecrasement, petrissage, tout ce que vous voulez, sauf un truc excitant… Mais tout va bien de ce cote-la, c’est deja ca!
D’un coup, la table s’incline, et je passe cul par dessus tete. Bon, ca doit etre pour jeter un oeil me dis-je naivement… Et soudain, le choc! Je vois Dr K. se rapprocher de moi, il me pose une main sur le ventre et… Arghhhhhh!! Une image soudaine me vient a l’esprit: le veterinaire, ses gants qui vont jusqu’a l’epaule, faisant un examen intime a une grosse vache a l’oeil mort qui se demande quand meme un peu ce que cette chose fait dans elle. J’ai du avoir le meme regard que la vache, meme si le gant n’allait pas jusqu’a l’epaule!
Enfin, le signal est donne pour que je me rhabille, et je file remettre mes vetements, bien decidee a ne les enlever a nouveau sous aucun pretexte! Je pense que la torture est achevee, mais nan! Je dois faire une prise de sang! Il faut preciser que j’ai tourne de l’oeil pour les dernieres prises de sang que j’avait fait… En gros, je ne supporte pas ca (et generalement je fais des bleus monstrueux)
Prenant mes ordonnances et mes jambes a mon cou, je descends au labo porter mon prelevement, ainsi qu’une ordonnance. Je demande egalement s’il est possible de faire la prise de sang, histoire d’etre debarassee (je suis parfois courageuse!) la prise de sang n’est faisable qu’a jeun, et coup de chance, a midi moins dix, je suis encore a jeun, donc je fonce! L’infirmiere m’installe sur le fauteuil, regarde ma feuille de circulation (l’equivalent du permis de conduire pour passer d’un service a l’autre dans un hopital) et….
- Ooooohhhhhhhhh Vicky!
- Euh… Oui… (il faut dire qu’a ma connaissance je n’ai recense que 3 personnes, moi y compris, portant ce prenom en Bretagne, je passe difficilement incognito, merci papa-maman!)
- Tu as grandi, je ne t’avais pas reconnu! Je travaillais dans le service de ta maman avant!
(un bref coup d’oeil au badge me rememore a qui j’ai affaire, et effectivement, je ne l’ai pas vu depuis… des siecles!)
La prise de sang se fait donc en papotant, j’ai meme le droit a un petit beurre parce que j’ai ete sage (et que mon jeune commence a me peser!) et cadeau ultime: le flacon pour l’analyse d’urine. Argh! J’avais oubliee celle-la! Se laver en vitesse, et viser le bocal… Un jeu d’enfant, ou plutot d’enfant de 3 ans qui aurait essaye de bien faire… Je ne suis decidemment pas douee!
A midi 10, j’ai fuit, m’attendant presque a ce que quelqu’un me retienne en me disant qu’il fallait faire une ponction lombaire pour completer le tout… Qu’on se le dise, je n’y remets pas le nez (ni le derriere) pendant un bon bout de temps!